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Matrix Agent Smith

L'intelligence artificielle va-t-elle finir par transformer les créatifs en une armée de clones ?

Le 17 oct. 2018

Quels rôles jouent l’IA et le machine learning dans un processus créatif ? Durant la conférence Adobe MAX à Los Angeles, une étude analysait le rapport des professionnels de la création aux nouvelles technologies. Loin d’avoir peur de l’automatisation, certains créatifs pointent toutefois le risque qu’elle les incite à se « copier » les uns les autres.

Fer de lance d’une nouvelle étude* présentée à la conférence adobe MAX à Los Angeles, la créativité faisait l’objet d’une étude de cas (sur fond de machine learning). À l’heure où les technologies d’automatisation se perfectionnent, elle étudiait le rapport des communautés créatives à leur montée en puissance, notamment dans l’utilisation de logiciels de création. Sans grande surprise, plus de la moitié des sondés affirment être intéressés par les opportunités de l’intelligence artificielle en matière de créativité et de confort de travail.

Une peur persiste cependant. À trop vouloir automatiser la créativité, pourraient-ils perdre leur singularité et finir par se copier les uns les autres ?

infographie Adobe

Se concentrer davantage sur la création que sur la technique grâce à l’IA

Considérée comme « profondément humaine » par les créatifs sondés, la créativité n’aurait rien à craindre de l’intelligence artificielle. Aucun risque de perdre son job de graphiste ou de designer donc puisqu’une majorité de créatifs utilisent déjà certains outils d’automatisation. Selon l’étude, 74% des sondés expliquent passer plus de la moitié de leur temps à accomplir des tâches techniques non créatives, justement là où tout le potentiel de l’IA et du machine learning peut se révéler et les aider à être davantage « créatifs » que « techniciens ».

En analysant les perceptions autour de l’intelligence artificielle, l’étude révèle que 89% des créatifs sondés seraient intéressés par un assistant créatif personnel pour réaliser certaines « corvées » à leur place. 81% aimeraient essayer de nouvelles fonctionnalités grâce à lui, 77% admettent qu’un assistant pourrait les aider dans la recherche d’images. En parallèle, 42% aiment l’idée d’une IA leur proposant différentes variations créatives.

Selon Andreas Pfeiffer, Président de Pfeiffer Consulting à l’origine de l’étude, l’inquiétude des créatifs concernant l’IA serait ailleurs : « Ils n’ont pas peur que l’intelligence artificielle ne prenne le pas sur leur créativité, ils ont plutôt peur qu’elle ne les pousse à tous faire la même chose ».

Adobe infographie

L’IA va-t-elle annuler la singularité des créas ?

Selon Scott Belsky, Chief Product Officer d’Adobe, l’enjeu est réel, mais pas insurmontable !

« Sur Photoshop par exemple, si une IA vous suggère une photo à la place d’une autre, sa réponse sera corrélée avec ce que vous êtes vous, avec vos propres paramètres. Quoique vous préfériez – symétrie, lumière, couleurs - ces facteurs qui vous plaisent esthétiquement vont nourrir son algorithme et favoriser son entrainement. Ses choix se basent sur une décision humaine, explique-t-il. En revanche, le problème peut se présenter dans d’autres cas de figure. Si la plateforme Adobe Stock vous recommande une image, est-ce qu’elle recommande la même aux autres ? C’est en effet une vraie question sur laquelle nous allons devoir nous pencher à l’avenir ».

Parmi les créatifs et face à cet enjeu de différenciation, le libre-arbitre serait donc le seul remède.

« Je pense que ce sont des choses que l’on peut corriger et la bonne nouvelle c’est que le processus créatif est basé sur la différenciation, poursuit Scott Belsky. Qu’importe ce que la machine vous suggère, une palette de couleurs que vous aimez par exemple, le vrai créatif pourra toujours décider d’explorer d’autres horizons s’il en ressent l’envie ».


*Méthodologie de l’étude

Menée par  Pfeiffer Consulting et commandée par Adobe, cette étude se base sur une recherche qualitative. La société a interrogé plus de 75 professionnels de la création aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Allemagne. Les répondants ont été sélectionnés personnellement et ont entre 2 et 35 ans d’expérience professionnelle.

Crédits photo : Matrix

Commentaires
  • Ce qui fait la singularité d’un créatif et parfois même son exception se sont ses idées, sa vision. Peu importe donc qu’il soit assister par une intelligence artificielle pour améliorer le temps de rendu de ses proposition créatives. L’I.A peut proposer des choix mais seul les créatifs détiendront la décision finale et la responsabilité du parti pris. On est encore humain ? Où Pas ?

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