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© Studio Benwu

Objets stérilisants, e-caresses… à quoi ressemble le design post-Covid ?

Le 3 sept. 2020

Sur le pont depuis le début de la pandémie, les designers imaginent le monde de demain à coups de concepts où le toucher s’efface au profit de la distanciation physique.

Comment designer pour le futur ? Comment combiner sécurité sanitaire et vie en communauté ? Lorsque certains craignent la prolifération du Covid-19 et s'accommodent facilement de la distance et du masque, d’autres redoutent l’arrivée d’une société ultra-hygiéniste dans laquelle le contact aux autres et à la nature disparaîtrait peu à peu... Dans ce contexte, les designers tentent de concilier les deux. Dispositifs de stérilisation, signalétique de vie en communauté, sas de sécurité au bureau… ils inventent, à tâtons, de nouveaux récits pour nos vies futures

Studio Jean-Marc Gady

Hygiène +++

Alors que les bonbonnes de gel hydroalcoolique sont désormais incontournables à l’entrée des magasins et des restaurants, le studio de design français Jean-Marc Gady a choisi de consacrer ses concepts post-Covid aux secteurs du retail et de la restauration haut de gamme. De la fontaine de gel hydroalcoolique à la signalétique de distanciation élégamment intégrée dans le décor, en passant par un dispositif de désinfection nomade permettant au personnel de se nettoyer discrètement les mains, le parcours client se réinvente et tire parti des nouvelles contraintes sanitaires.

Studio Jean-Marc Gady

En Chine, les designers Pino Wang et Frank Chou ont lancé « Time-Changing Hand Sanitiser », un concept de savon passant du rose au violet, puis au bleu lorsque l’utilisateur s’est lavé suffisamment longtemps les mains (30 secondes minimum, pour rappel).

Pino Wang et Frank Chou - « Time-Changing Hand Sanitiser »

Autre concept imaginé par Frank Chou, une lampe stérilisante diffusant de la lumière ultraviolette. Idéalement placée dans un vestibule, elle permet à l’utilisateur de se délester d’objets courants – téléphone portable, clés, portefeuille – pour en éliminer les éventuels pathogènes. Dans le même registre, la start-up alsacienne Spinali Design a inventé des gants traités au dioxyde de titane, une technologie capable de supprimer les bactéries et les virus à la lumière du soleil ou au contact d’une lampe UV. Pratique, la solution pourrait être utilisée aussi bien au travail que dans les transports en commun. 

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Société « sans contact »

Toucher le moins de surfaces possible, éviter de se triturer le visage… pour beaucoup, c’est mission impossible. Et comme le risque zéro n’existe pas, autant inventer des solutions qui nous facilitent la vie, comme ces poignées de porte nouvelle génération qui s'utilisent avec le coude… ou le pied. 

Dans les entreprises, l’open-space pourrait aussi connaître des changements lunaires. En témoigne la « safe capsule DIY » du studio new-yorkais Benwu, sorte de sas de sécurité à monter soi-même pour travailler ou manger tout en échangeant avec ses collègues. Point positif, les matériaux nécessaires à sa construction – un tuyau en PVC, des feuilles de plastique, un cordon élastique, des attaches de câble en nylon, un ventilateur à pression positive avec un filtre, une lampe UV, une prise électrique et du ruban adhésif, rien que ça –peuvent facilement être achetés. 

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Avec son bouclier « Be a Bat Man », plus incongru et surtout bien moins pratique, le designer chinois Sun Dayong s’est quant à lui inspiré des chauve-souris, l’une des sources suspectées du coronavirus, pour concevoir une solution de protection mobile directement intégrée au corps. Modelé sur la forme des ailes de chauve-souris, le bouclier pourrait stériliser l’intérieur de la capsule lorsque le porteur pénètre dans un lieu public. 

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Et la chaleur humaine dans tout ça ? Face à l’éventualité d’un nouveau confinement ou de liens sociaux toujours plus dématérialisés, certains designers pallient notre manque d’amour. Dernière invention en date du studio anglo-japonais Ryo Tada, l’interface haptique FULU – sorte de petite capsule à poser sur un ongle – permet à celui ou celle qui le porte de ressentir « les subtilités organiques » du toucher lors d’appels vidéo. « Caressez la fourrure de votre chien, touchez la main d'un être cher, sentez les vagues sur la plage, où que vous soyez dans le monde... », promet la démo de l’objet connecté. 

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Et s’il vous prenait d’avoir froid la nuit ou d’avoir besoin de réconfort, jetez un œil aux inventions de l’artiste anglo-australienne Lucy McRae. Avec « Compression Cradle », une machine programmée pour vous serrer affectueusement le corps lorsque vous dormez,  vous ne vous sentirez plus jamais seul-le… ou presque. 

Margaux Dussert - Le 3 sept. 2020
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