Deux hommes barbus proches

L’Atelier Missor, la meilleure (et la pire) série de téléréalité que vous pouvez regarder

© Atelier Missor Via YouTube

En voulant faire la promotion de leur atelier de sculpture « traditionnel », Missor et ses compagnons nous offrent une sorte de Jackass, masculiniste et cryptogay.

Depuis le début de l’année, une étrange série de téléréalité a démarré sur YouTube. Elle se déroule sur la chaîne de l’Atelier Missor qui ne compte pour le moment que 50 000 abonnés. 

Cette poignée d’internautes avertis suit les aventures de Missor, un sculpteur et fabricant de bustes en plâtre, spécialisé dans des personnages historiques appréciés par une clientèle que l’on pourrait qualifier de traditionaliste ou de nationaliste. Sur son site, il faut débourser entre 480 et 900 euros pour avoir la tête d’une Jeanne d’Arc extatique ou d’un Napoléon au menton proéminent. Mais ce n’est pas pour la beauté de ces sculptures, ni même pour l’imagerie qu’elles renvoient que l’on regarde les vidéos de Missor. Cette chaîne est tout simplement une pépite de drôlerie non intentionnelle et de cringe qui rappelle la série The Office.

Du virilisme à la sauce cryptogay

Pour bien saisir le potentiel comique de l’Atelier Missor, il faut d’abord parler de l‘attitude et du style du sculpteur et de ses amis. Le look fait penser aux dandys des publicités des années 30 ou à la série britannique Peaky Blinders qui suit un groupe de gangsters de Birmingham des années 1920. On trouve des barbes et des moustaches viriles, des pantalons à bretelles, des marcels et des tatouages de marins. Vient s’ajouter à cela un langage qui se veut soutenu à l’extrême et un vouvoiement systématique. Dans l’Atelier, on se donne du « Monsieur » et on met son honneur en jeu pour couler convenablement un bronze. Mais tout ça n’est que la première couche d’un délicieux millefeuille. Chez Missor, on aime montrer qu’il règne une ambiance confraternelle de bonne camaraderie. On est donc très souvent torse nu ou en slip en train de se donner des coups de poing amicaux ou des gifles. Le tout se mélange à une forme de folie collective donnant aux vidéos une ambiance cryptogay permanente et totalement savoureuse, étant donné l’orientation politique et masculiniste des protagonistes. 

10 000 idées (de merde) à la minute

Mais ce n’est pas tout ! Tout le sel de l’Atelier Missor tient dans ses protagonistes qui semblent être une fabuleuse équipe de bras cassés. Dans le dernier épisode intitulé « Un mois sans dormir », on découvre que notre personnage principal n’est pas convaincu par la rondeur des auréoles en bronze censées venir couronner la tête de Jeanne d’Arc. Il décide donc de s’improviser fondeur, sans aucune expérience et avec du matériel non conforme aux normes de sécurité actuelles. Le reste de la vidéo est une succession d’échecs et de décisions malheureuses menant à d’autres échecs prévisibles et hilarants. Une mention spéciale peut être donnée à l’achat d’un lingot de bronze de 8 kg qui ne rentre pas dans le creuset et qui doit donc être découpé à coups de disqueuse (disqueuse qui sera ensuite refroidie par un habile système de ventilateur et de poulie) et de coups de hache. Ce spectacle navrant donne l’impression de voir des adolescents lâchés dans un squat d’artistes tenter les pires expérimentations.

Rendre des idées nauséabondes sympathiques 

À bien regarder, on se demande si tout ça n’est pas un peu scénarisé, voire totalement voulu. Il est très compliqué de savoir si les fameux bustes à 900 euros se vendent vraiment. L’émission n’est sans doute pas le meilleur support publicitaire, pour promouvoir le sérieux de cette entreprise, à moins qu’il s’agisse d’une stratégie marketing basée sur le second degré. C’est après tout comme cela que la cantatrice des années 40, Florence Foster Jenkins, réputée pour chanter faux, avait connu un succès faramineux en massacrant de grandes œuvres d’opéra. Derrière tout ça, on se prend aussi à trouver sympathique une bande de garçons porteuse d’idées qui ne le sont pas vraiment. L’Atelier Missor est-il une nouvelle forme de pilule rouge, cette fameuse technique d’endoctrinement par les mèmes et l’humour ? Leur vidéo intitulée « Jeanne au secours », faisant référence au fameux mème lié à Jean-Marie Le Pen a de quoi mettre le doute sur leurs véritables intentions. 

commentaires

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  1. Lucas Pigelet dit :

    L'auteur, ce petit gros au front dégarni, inventeur de rien, se permet de critiquer une bande de jeunes "artistes". Cela représente une jeunesse que vous n'etes plus, vieux boomer.
    Au contraire, dans ces vidéos on voit ce que c'est que de prendre des décisions, aussi futile soient elles. Pondre un article de merde , pour un journal financé par le gouvernement, c'est pas faire preuve de responsabilité.

  2. VIEILLE dit :

    J'adore ces mecs, je les trouve super courageux et je pense m'acheter un buste prochainement. Pour une fois on a pas un storytelling lisse sur une petite entreprise.

  3. Anonyme dit :

    En gros vous avez réécrit ce que disent Dany et raz dans leur live

  4. alex dit :

    Article ultra orienté, mal rédigé, et bâclé, qui n'apporte aucune valeur.

  5. Anonyme dit :

    Quand tu sauras en faire autant tu iras leur donner des leçons !

  6. Skelet Malfeuzan dit :

    Article sans honneur.

  7. Anonyme dit :

    C’est une petite bande de facho, y’a zéro doute là dessus

  8. Anonyme dit :

    Vous êtes d'un ridicule sans nom.

  9. Anonyme dit :

    J'avais pris le temps d'écrire un long commentaire détaillant mon mécontentement vis-à-vis de cette article, mais finalement, il n'en vaut clairement pas la peine, vous perdez un lecteur. Bien à vous.

  10. Anonyme dit :

    "Cryptogay" c'est vois qui le dites. J'ai jamais eu cette impression là pour ma part.

  11. Anonyme dit :

    Mdr c'est quoi cet article éclaté complètement à charge ?
    Le journaliste est sûrement frustré et s'ennuie par sa miserable vie pour perdre son temps à se taper des videos, y voir de la politique et écrire un article complètement biaisé.
    Mais monsieur se sent investigateur, monsieur a déversé sa haine et se sent à présent soulagé et prêt à faire don de son écriture pour sa lutte idéologique et sa glorification personnelle.

  12. Hubert dit :

    Dépossédé triste que tu es. Retrouvé ton identité de fils de France.

  13. Anonyme dit :

    Article homophobe au possible... comment peut-on écrire ça en 2022 ????

  14. Nks dit :

    Un article qui en dit bien plus sur les préjugés de son auteur que sur ceux dont on est censé découvrir une analyse éclairée.

    Missor est youtubeur depuis longtemps maintenant, à la base il faisait depuis longtemps des vlogs à l'arrache (comme les vidéos de l'atelier mais en bien pire), il était plutôt "branleur anar à moitié végan". Il se posait pas mal de questions et partageait parfois quelques pensées philosophiques pas du tout inintéressantes. C'est un personnage attachant dont on a pu suivre au fil des ans l'évolution intellectuelle et artistique. Il s'est lancé dans la sculpture en total autodidacte, en subissant au départ un bon nombre d’échecs dont il se moquait lui-même dans ses vidéos. Mais il a persévéré jusqu'à y arriver. Aujourd'hui il est bien difficile, mauvaise foi mise de côté, de ne pas lui reconnaitre un don certain dans cette discipline.

  15. Makhno dit :

    Très bon article, n'en déplaise à la brouette de trolls fachos.
    J'étais tombé par hasard sur une de leur vidéo qui m'avait beaucoup fait rire, tout en me disant qu'il y avait quelque chose de pas net chez ces "hipsters".
    J'ai fini par comprendre avant la fin de vidéo en voyant le culte napoléono-janedarquien qu'ils transpirent (au sens sale), ce que vous décrivez parfaitement dans cet article. Ces "Français de souche" sont très drôle d'autodérision, certains moments sont même hilarants, malgré les tombereaux de diarrhée idéologique nationaliste dans laquelle leurs cerveaux pas mal faits semblent pourtant baigner. Intéressant à regarder pour se marrer et mieux comprendre une fange plus "cultivée" de ce milieu nauséabond qu'est le poujadisme.

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