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feuilleton sur Twitter

Sur Twitter, le roman-feuilleton se refait une jeunesse

Le 25 oct. 2017

Le réseau voit apparaître de plus en plus de sagas à suspens découpées en plusieurs séries de tweets. Likées, commentées, partagées… elles font un carton. Lumière sur le phénomène avec François Descraques, auteur du feuilleton « 3ème droite ».

Effet de mode ou véritable essor, le temps le dira. Mais pour l’heure, la tendance est au retour du roman-feuilleton, ce format populaire dont la publication se faisait traditionnellement épisode par épisode dans certains journaux du XIXème. Aujourd’hui, c’est sur Twitter que se transpose le format : Victor Hugo ou encore Charles Dickens, feuilletonistes à leurs heures perdues, doivent se retourner dans leur tombe. Et dans le bon sens ! Si ce genre de lecture était à l’époque considéré comme une « sous-production littéraire », le genre semble désormais avoir retrouvé son public sur les réseaux.
Racontées en tweets (lesquels sont publiés au compte-gouttes), ces nouvelles sagas à suspens font depuis quelques temps leur réapparition sur Twitter et attirent de plus en plus de lecteurs et lectrices assidus. Parmi elles, nous comptions déjà le succès #MadeleineProject, une enquête de la journaliste Clara Beaudoux sur la vie d’une ancienne locataire ayant vécu dans son appartement. Partagée sur Twitter et victime de son succès, l’enquête avait fini par être publiée en version papier et est aujourd’hui vendue en librairie.

En ce moment, c’est le roman-feuilleton « 3ème droite » qui passionne et réunit chaque semaine des centaines de lecteurs sur le réseau. Lancée en septembre dernier par le réalisateur et scénariste François Descraques, la saga en est déjà à son septième thread, ou épisode. « L’idée m’est venue cet été. J’ai rencontré une personne qui m’a inspiré le premier chapitre. Je savais que je voulais raconter l’histoire sous une forme très directe mais avec un potentiel de feuilleton. Twitter est plus tard devenu une évidence. », explique-t-il à L’ADN.

« 3ème droite », c’est l’histoire d’un jeune chômeur, heureux locataire d’un appartement qu’il vient tout juste de dénicher. Une seule ombre au tableau, celle de son propriétaire, M. K., un personnage déroutant vivant au premier étage de son immeuble et au comportement pour le moins étrange…

S’il a en tête une fin relativement déterminée, François Descraques peut se permettre, au fil de l’écriture, d’en changer quelques aspects : « Contrairement à mes autres projets de séries et de long-métrages où tout est structuré en amont, c’est cet exercice d’écriture feuilleton qui m’a excité sur ce projet. », confie-t-il. Une écriture « de l’instant », rythmée et facile à lire, qui s’affranchit des codes traditionnels du roman et se soumet à la contrainte des 140 caractères limités par la plateforme. « En ce moment, je travaille surtout sur de gros et longs projets qui mettent du temps à se monter. J’avais besoin d’un projet plus spontané et qui ne coûte rien. », poursuit-il.
Adoptant un format « snack », le format se réapproprie les codes et leviers de tension utilisés par beaucoup de séries TV, ce qui semble particulièrement plaire aux plus jeunes : « Les retours sont enthousiastes et viennent de beaucoup de personnes différentes, notamment de jeunes qui m’avouent ne jamais lire de roman. J’en suis très touché ! », explique François Descraques.

Parallèlement à l’écriture, le format transposé au web permet également d’ajouter des contenus annexes (photos ou vidéos) qui viennent nourrir l’intrigue et la faire vivre au lecteur de façon plus immersive.

À terme, François Descraques pense également à publier son feuilleton en roman papier. Mais pour l’heure, il s’agira pour lui de continuer à tenir les twittos en haleine… jusqu’au dernier thread !


Pour suivre la saga 3ème droite, c’est par ici.

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