Brooke-Cagle

Messieurs, votre vie amoureuse influence vos opinions politiques

© Brooke Cagle

Selon une nouvelle étude, le succès des hommes hétérosexuels en amour peut avoir un impact sur leurs idées sociopolitiques. Et ne pas plaire à la gent féminine peut modifier leur opinion sur le salaire minimum ou les soins de santé. Spoiler : ça les rend moins généreux.

Une nouvelle étude publiée dans la revue scientifique Adaptive Human Behavior and Physiology, avance que la popularité d'un homme sur le marché des rencontres peut influencer ses attitudes sexuelles et même ses opinions sur les questions sociopolitiques : « Il devient de plus en plus évident que les succès et échecs amoureux peuvent avoir des répercussions profondes sur nos façons de penser et d'agir » , a déclaré l'auteure de l'étude, Francesca R. Luberti, chercheuse à l'université Nipissing de North Bay en Ontario.

« Il suffit de regarder le phénomène "incel" pour avoir un exemple concret de la façon dont les fréquentations peuvent influencer la politique. Les hommes célibataires involontaires (incel) (une sous-culture Internet qui a gagné en popularité ces dernières années, NDRL) ont des attitudes misogynes et s'opposent à l'égalité des sexes parce qu'ils estiment être injustement rejetés par les femmes. Ces phénomènes m'ont intéressée et j'ai voulu tester expérimentalement si la popularité des rencontres avec des partenaires potentiels de sexe opposé pouvait réellement affecter les attitudes sociopolitiques des hétérosexuels » , explique la chercheuse au PsyPost.

« Niveau de désirabilité »

Dans cette étude, les chercheurs ont voulu savoir si l'on pouvait prédire l'opinion des 237 jeunes adultes hétérosexuels cobayes en manipulant leur cote de popularité. Pour ce faire, les participants ont d'abord évalué leur niveau de désirabilité en tant que partenaire romantique. Puis ils ont été invités à enregistrer une courte vidéo d'eux-mêmes dans laquelle ils devaient expliquer pourquoi ils feraient un bon partenaire amoureux. Ils ont été informés que cette vidéo serait ensuite visionnée par le sexe opposé, invité à donner son avis sous forme de brèves réponses vidéo. En réalité, les retours ont été préenregistrés préalablement par des acteurs et actrices. Et les feedbacks ont été distribués de manière aléatoire allant de « tout positif à tout négatif » .

« Nous avons constaté que les hommes impopulaires (ceux qui ont reçu un nombre plus élevé de rejets de la part de leurs pairs) se disaient moins favorables au sexe occasionnel que les hommes populaires (ceux qui ont reçu un nombre plus élevé de réponses positives) » , a déclaré Luberti à PsyPost.

Ok, jusque-là tout va bien. Sauf que les résultats ne s'arrêtent pas là : les hommes impopulaires (moins favorables au sexe occasionnel), ont aussi apporté moins de soutien pour l'augmentation du salaire minimum ou l'accès aux soins de santé que les hommes plus désirables.

Et les femmes ?

« La principale conclusion de cette étude est que les attitudes sociopolitiques des femmes ne semblent pas être affectées par la popularité des rencontres, alors que la popularité des rencontres des hommes entraîne des changements dans les émotions positives des hommes et ces changements peuvent à leur tour modifier certaines, mais pas toutes, attitudes sociopolitiques des hommes » , a déclaré Luberti. En revanche, les chercheurs nuancent leur découverte : « nous n'avons pas pu montrer si c'est le fait de recevoir plus de rejets, de recevoir moins de réponses positives, ou les deux, qui provoque des changements d'attitudes. Ces mécanismes devraient également être étudiés de manière plus approfondie dans le cadre de recherches futures. »

Enfin, les chercheurs avancent qu'il s'agit de la première expérience montrant que le feedback des rencontres, manipulé expérimentalement, peut également affecter indirectement les attitudes à l'égard du salaire minimum et de l'accès aux soins de santé par le biais de changements dans les émotions positives des hommes » , explique Luberti. Si ces observations sont justes, elles pourraient avoir des répercussions lors de campagnes politiques par exemple. Toutefois, vu le nombre de participants à cette étude, et le peu de diversité (ils étaient tous jeunes et australiens), « il serait important de reproduire ces résultats dans d'autres pays ou d'inclure des participants non hétérosexuels, par exemple, pour prouver davantage la robustesse de ces modèles » , conclut Luberti. On a hâte...

Source : PsyPost

L'étude, intitulée « Changes in Positive Affect Due to Popularity in an Experimental Dating Context Influence Some of Men's, but Not Women's, Socio-Political Attitudes » , a été rédigée par Francesca R. Luberti, Khandis R. Blake et Robert C. Brooks.

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