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Une femme avec des lèvres bleues dans une baignoire remplie de liquide bleu
© Dazzle Jam via Pexels

Lips, l’Instagram sans trolls mais avec des « nudes »

Le 28 janv. 2021

Une esthétique qui rappelle Tumblr, autant de nudes que sur OnlyFans, des likes façon Insta et une vraie modération : c'est la recette du réseau social Lips.

En ce début d’année, l’éviction de Trump des plateformes sociales à quelques jours de la fin de son mandat a fait grand bruit. Mais l’ancien président des États-Unis a beau être le paria le plus célèbre des réseaux sociaux, il est bien loin d’être le seul. Depuis des années, Twitter, Facebook, Instagram et les autres refusent des contenus et ferment des comptes. Surtout lorsqu’il est question de nudité et/ou de sexualité.

Depuis toujours, impossible de monter un téton appartenant à une femme sur Facebook. En octobre dernier, Instagram mettait à jours ses règles afin de mieux définir la pratique du « squeezing » qui avait conduit de nombreuses femmes grosses à être virées de la plateforme. Fin 2018, même Tumblr décidait d’interdire tous les contenus pornographiques. C’est dire ! Rapidement, on a vu se développer des réseaux alternatifs comme OnlyFans, cet « Instagram du nude » qui accueille à bras ouvert les travailleuses du sexe.

Qu’est-ce que Lips ?

Le modèle OnlyFans a fait ses preuves mais d’autres réseaux se créent pour combler les failles des géants du secteur. C’est le cas de Lips, un contre-Instagram où body positivism et sex positivism sont la règle.

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À l’origine, il s’agit d’un magazine universitaire dédié à la communauté LGBTQ+. Petit à petit, Lips devient un compte Instagram – qui réunit aujourd’hui près de 19 000 abonnés – mais pour se transformer en vrai espace de liberté, le néo-réseau a décidé de voler de ses propres ailes.

La particularité de Lips, c’est que l’algorithme n’y est pas tout puissant. Deux choix s’offrent aux utilisateurs pour naviguer sur le réseau : un feed généré automatiquement ou une sélection manuelle par tags, ceux qu’on veut voir et surtout ceux qu’on ne veut pas voir. Tous les contenus sont autorisés mais pas imposés – même si dans un cas comme dans l’autre, on trouve pas mal de corps nus…

Créer un réseau social alternatif n’est pas si facile

Inutile de vous ruer sur l’AppStore ou sur le Google Play Store, vous n’y trouverez pas Lips. En effet, le réseau social ne lutte pas seulement contre la censure des plateformes classiques mais aussi celle des magasins d’applications. Barbara Bickham, conseillère technique de Lips, a donc imaginé une « web app progressive ». Il faut se connecter sur un navigateur web qui permet ensuite d’installer l’app.

La chasse aux trolls

Ce réseau des déplatformés et des censurés se veut aussi être le réseau de la bienveillance. Comme les grands, sauf que Lips a intégré cette contrainte dans son UX et son fonctionnement. Pour éviter les trolls et les personnes mal intentionnées, chaque nouveau membre doit être approuvé pour pouvoir utiliser pleinement la plateforme. « Nous demandons aux gens de soumettre des exemples de photos qu’ils aimeraient poster et d’expliquer leur choix », explique Julija Rukanskaitė, UX desinger de Lips, à Mashable. Enfin, elle insiste sur le fait de distinguer les signalements en masse émanant de trolls et ceux effectués par des membres vérifiés.

Le futur des réseaux sociaux ?

L’histoire de Lips montre qu’on ne crée pas une plateforme sans trolls sans exclure ceux qui ne respectent pas les règles. Il s’agit donc d’un réseau alternatif pour tout le monde mais pas avec tout le monde. Et pour Lips ce n’est pas un problème. D’après Val Elefante, community manager de Lips, il est irréaliste d’imaginer un réseau social qui conviendrait à tous. Elle en est persuadée, le futur des communautés digitales ressemble à celle de Lips : réduite mais sûre.

Alice Huot - Le 28 janv. 2021
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