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Les médias peuvent-ils se passer de facebook pour chasser des abonnés ?
© FilippoBacci via getty image

Pourquoi les médias ne peuvent pas se permettre de boycotter Facebook ?

Le 9 juill. 2020

Pendant que des marques suspendent la pub sur Facebook pour protester contre l'inaction de la plateforme face aux discours de haines, pourquoi les médias ne se joignent-ils pas au combat ?

Facebook, terrain de chasse des médias en quête d'abonnés

Pour comprendre ce phénomène, il faut regarder du côté des coûts d'acquisition des abonnés. D’après le site Digiday, ce coût grimpe entre 50 % et 100% du prix d’un abonnement annuel. Concrètement, les médias qui gagnent un abonné mettent entre six mois et un an pour le rentabiliser, si ce dernier renouvelle son abonnement l'année suivante. Pour réduire la facture, les éditeurs utilisent donc les posts sponsorisés sur Facebook qui leur permettent de toucher une audience très large mais aussi très ciblée.

Et dans les faits, cet investissement peut porter ses fruits.

Ainsi, le groupe Condé Nast a vu son taux d’abonnement augmenter de 100% en avril dernier et 50% de ces nouveaux abonnés venaient d’une publicité postée sur Facebook. D’après la plateforme Pathmatics, le groupe aurait dépensé 19,5 millions de dollars sur Facebook depuis le début de l'année. Et il n’est pas le seul. La facture du Wall Street Journal s'élèverait en 2020 à 22,3 millions de dollars et à 24,5 millions pour le New York Times qui a toutefois indiqué que cette estimation était largement surestimée. BuzzFeed, CBS ou bien Spotify sont aussi concernés par ce système.

Le Covid casse les coûts

Les relations entre la plateforme et les médias ne sont pourtant pas toujours au beau fixe. La plupart des journaux en ligne doivent investir sur le long terme pour être bien vus des algorithmes de Facebook. Il y a deux ans, beaucoup de médias considéraient encore la mise en avant de leur abonnement par Instant Article (une version allégée de leur article pouvant présenter un paywall) comme inefficace.

Mais la crise sanitaire a changé la situation. En avril, le prix pour toucher un potentiel abonné payant à une newsletter a chuté de 75 à 25 centimes de dollars. Avec des coûts aussi attractifs, il est devenu difficile pour les médias de retirer Facebook de leur trousse à outils.

David-Julien Rahmil - Le 9 juill. 2020
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