JDG sur Twitch

Non, les communautés du Twitch français ne sont pas divisées

© Le Joueur du Grenier

Dans une vidéo qui a fait grand bruit, le Joueur du Grenier a déploré voir les communautés du Twitch français coupées en deux camps. Mais les données liées aux audiences disent le contraire.

« Il y a vraiment un split sur Twitch. Il y a vraiment des communautés qui ne se mélangent plus du tout sur Twitch, et ça par contre c’est inquiétant ». Frédéric Mollas, alias, le Joueur du Grenier (JDG), sait lancer des polémiques en quelques phrases. Depuis maintenant une semaine la vidéo du célèbre youtubeur et streameur fait le tour des médias consacrés au jeu vidéo et à la culture web. D’après lui, on voit apparaître un fossé entre deux communautés de streameurs. Le premier groupe appelé « la communauté du lundi élargie » (en référence aux streams récurrents qui ont lieu ce jour-là) regroupe lui-même, mais aussi d'autres grands noms très mainstream comme Antoine Daniel, Zerator, Mister MV, Ponce, Ultia, Maghla, AlphaCast, etc. Le second groupe s'est quant à lui constitué de manière plus récente et prend de plus en plus d'ampleur. Y sont présentes les communautés KCorp, Amine et Billy, Gotaga et Squeezie. Selon le JDG, ces deux groupes de streameurs ne se parlent pas, ne font pas de projets et pire, semblent s'affronter dans des histoires d'harcèlement et d'accusation de sexisme.

Les grands mouvements de Twitch

Pour tenter d’y voir plus clair dans les déclarations du JDG, nous avons demandé à Nataniel Bahs et Nicolas Bouchaïb de First Link de donner leur point de vue sur cette analyse. Pour ces habitués de Twitch qui analysent les données liées à l’audience et aux communautés, le visage du Twitch français a bien changé depuis 2021, mais pas comme on le pense. « Depuis qu’on cartographie les communautés Twitch françaises, on se rend compte que le paysage est plutôt stable, explique Nicolas Bouchaïb. Avant, on avait effectivement ce groupe du lundi qui était mainstream et quelques stars comme Squeezie et Gotaga qui gravitaient autour. On a surtout vu émerger le groupe d’Amine et Billy, devenus très mainstream, et qui se sont rapprochés de streameurs comme Kameto Gotaga et Squeezie par exemple. Amine montrait avec son live consacré au football qu’il pouvait faire un événement aussi fort que Zerator avec son Zevent. Cela donne effectivement deux gros clusters qui semblent s’affronter sauf que si on regarde les audiences, ce n’est pas vraiment le cas ».

Tout le monde regarde tout le monde

Pour nos deux analystes, cette séparation des communautés est surtout une brouille d’une minorité de viewers très présente et bruyante sur Twitter. « Nos données se basent sur la majorité silencieuse, poursuit Nicolas Bouchaïb, et on se rend compte que tout le monde se regarde de manière mutuelle. On n’a pas de dualité dans le Twitch français. C’est d’ailleurs la caractéristique de notre communauté de streameurs ; ils sont très soudés ce qui leur a permis de remporter la guerre des pixels contre des streameurs espagnols plus nombreux, mais moins organisé ». La preuve de ce qu’il avance se retrouve d’ailleurs dans ce fameux match de foot organisé par Amine sur Twitch. « L’évènement a eu continuellement 1 million de viewers mais ça représente en fait près de 10 millions de personnes qui sont venues à différents moments pour voir le match, indique Nataniel Bahs. Amine et les streameurs qui étaient sur le terrain ne peuvent pas réunir autant de monde ce qui veut dire que c’est vraiment toute la communauté de viewers de Twitch qui a regardé le match ».

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