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Grâce à Wordle, le New York Times gagne « des dizaines de millions d’utilisateurs »

© Mème Wordle avec John Cusack. Michael J. Seidlinger/@mjseidlinger sur Twitter

Vendu en janvier à la New York Times Company, le jeu Wordle a entraîné une hausse spectaculaire du nombre d’abonnements au journal. Et ce en moins de trois mois. 

Wordle par-ci, Wordle par-là. Courant janvier 2022, les internautes du monde entier s’enthousiasmaient autour de ce petit jeu de devinettes façon Motus. Lancé par l’ingénieur américain Josh Wardle, le jeu s’est propagé jusqu’à ce que le mot « Wordle » devienne Top tendance sur Twitter aux États-Unis, en France et d’autres nombreux pays. Dépassé par l’engouement, Wardle a décidé de vendre son petit bijou. Et c’est le New York Times qui s’est positionné en premier contre « une somme à sept chiffres ». Depuis, quelques mois ont passé et les résultats du premier trimestre financier du quotidien sont tombés : la rubrique « Games » du média connaît le meilleur trimestre de toute son histoire.

Un achat cohérent, une stratégie payante

Pourquoi un géant médiatique aurait misé si gros sur un jeu mobile ? Cet achat de Wordle par le New York Times apparaissait cohérent dès le départ, autant pour l’acheteur que pour le créateur du jeu. Côté média d’abord, le nombre d’adeptes de la rubrique « Jeux », disponible pour 5 $ par mois, a toujours été un atout du titre. En 2021 selon Medialyte, ils étaient plus d’1,3 million à être abonnés au New York Times pour les célèbres grilles de mots croisés ou sudokus. Et en acquérant un jeu viral, le New York Times a gagné des dizaines de millions d’abonnés.

De son côté, le créateur du jeu Josh Wardle reconnaît qu'il a été grandement inspiré par le contenu des grilles du média, auquel Wardle lui-même dit jouer régulièrement. Dans la forme, Wordle matche très bien avec l’état d’esprit de la communauté des abonnés du New York Times. Par exemple, Wordle ne fonctionne pas de façon addictive en ne livrant qu’une énigme à résoudre par jour. Les jeux du New York Times sont livrés au même rythme.

Aujourd’hui, le jeu n’a pas changé et il reste gratuit. Le New York Times emploie Wordle comme un tremplin d’audience, afin que les joueurs accèdent à un moment ou un autre aux autres jeux du média, payants. Et la stratégie fonctionne. La rubrique « Games » a vu des millions de joueurs passer de Wordle à d’autres jeux, profitant non seulement du bruit médiatique généré par l’acquisition du jeu mais aussi du brouhaha continuel des fans qui partagent leurs scores sur leurs réseaux sociaux. Cette pratique génère des audiences colossales sur Twitter. Selon Lauren Fratamico, scientifique des données de Twitter relayée par TechCrunch, les tweets concernant Wordle ont généré plus de 6,6 milliards de vues, 58 millions de likes et 9 millions de réponses au total. Aujourd'hui encore, 200 000 tweets mentionnant le terme ont été recensés. Un jeu de lettres donc, qui fait de très gros chiffres aussi. Un très bon calcul pour le New York Times.

Source : Axios

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