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Les portraits de trois chroniqueurs et présentateurs de CNews
© CNews

CNews : la machine à clash du groupe Canal

Le 15 oct. 2019

Après Jean-Marc Morandini, Pascal Praud ou Ivan Rioufol, Éric Zemmour est venu gonfler les rangs des présentateurs et chroniqueurs polémiques de CNews. Résultat : du clash, du clash et encore du clash.

Après une condamnation définitive pour provocation à la haine religieuse et un discours plus que controversé lors de la Convention de la droite au début du mois d’octobre 2019, Éric Zemmour a fait sa rentrée sur la chaîne CNews. Accueilli comme chroniqueur après son éviction de RTL, l’essayiste a inauguré la nouvelle émission Face à l’info avec un débat… sur l’islam (pour changer). En face de lui, le journaliste et écrivain Mohamed Sifaoui, spécialiste des extrémistes islamistes, est censé apporter un contre point de vue. Éric Zemmour est resté fidèle à lui-même, et les meilleurs extraits n’ont pas mis longtemps à apparaître sur les réseaux sociaux.

Est-ce que la chaîne s'énerve de ces débordements ? S'insurge du bad buzz ? Pas du tout : le clash fait partie intégrante de la stratégie de CNews

Comment exister quand on est une chaîne d'info ?

Quand on se positionne sur un créneau où les parts d'audience sont raflées par BFMTV, comment se démarquer ? CNews a choisi de donner la parole aux personnalités contestées, aux grandes gueules qui se positionnent souvent à droite de l’échiquier politique. Un positionnement porté par le directeur de la chaîne, Serge Nedjar, surnommé en interne « Général Tapioca ». Dans une enquête, StreetPress dressait un portrait peu flatteur de ce proche de Vincent Bolloré, connu pour ses méthodes autoritaires et sa vision d'un journalisme sans déontologie.

Et ça marche. L'émission de Zemmour a réuni 53 000 téléspectateurs et 1,4 % de part de marché lors de sa première diffusion.

Le défilé des « grandes gueules »

En 2016, la chaîne qui s’appelait encore iTélé, ouvrait ainsi ses portes à Jean-Marc Morandini, alors visé par deux enquêtes, l'une pour « corruption de mineurs aggravée » et l'autre pour « harcèlement sexuel et travail clandestin ». Cette décision avait même généré une grève historique à l’issue de laquelle 100 journalistes sur 190 avaient présenté leur démission. Le présentateur avait quant à lui, doublé ses audiences.

La même année le journaliste sportif Pascal Praud devenait le présentateur de L’heure des pros, une émission de débat sur l’actualité. Il en profitera pour enchaîner les propos sexistes ou climatosceptiques, et les polémiques. Sur YouTube, ses meilleurs clashs génèrent des dizaines de vidéos d’analyse et des centaines de milliers de vues. 

D'autres personnalités controversées comme Gilles-William Goldnadel, Ivan Rioufol ou Élisabeth Levy participent régulièrement aux débats sur la chaîne.

Même les plus sages se mettent à clasher

Phénomène intéressant, même les personnalités plus consensuelles font dans l'échange musclé sur la chaîne. Ainsi, Laurence Ferrari n'a pas hésité à recadrer l’élu régional du Rassemblement National Julien Odoul.

Une sorte de caution qui montre qu'on peut aussi faire dans le clash for good ?

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