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femme tableau musée
© Bianca Isofache via Unsplash

Burn-out, stress, anxiété… une visite au musée peut-elle guérir les maux du bureau ?

Le 29 nov. 2018

Fixer la Joconde dans les yeux pour aller mieux, plonger dans la terreur du Cri de Munch pour extérioriser des émotions refoulées… Adeptes de la médecine douce, il existe aujourd’hui d’autres moyens de guérir les maux du corps et de l’esprit, et c’est au musée que ça se passe.

C’est nouveau, ça vient de sortir. Au Canada, pour les besoins d'une thérapie expérimentale, certains médecins prescrivent à leurs patients des visites au musée pour soigner des douleurs physiques ou morales, en complément de traitements médicamenteux. Un nouveau type de médecine douce qui pourrait, comme le sport, booster le taux de sérotonine des patients et les rendre « plus heureux ». À l'heure où nous sommes tiraillés entre écrans et exigences pros, l’initiative est de bon ton et pourrait aussi atténuer certaines souffrances liées au monde du travail.

Se soigner au musée

Entré en vigueur le 1er novembre 2018 et instigué par l’association Médecins francophones du Canada et le Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM), ce « projet pilote » permet aux médecins de délivrer jusqu’à 50 « ordonnances muséales » pour que les patients puissent visiter gratuitement l’institution. Ne se limitant pas uniquement aux problèmes de santé mentale, l’expérimentation pourrait aussi soulager des personnes atteintes de maladies chroniques (diabète, asthme…) et même de cancers.

« Je suis convaincue qu'au 21ème siècle, la culture sera ce que l'activité physique était pour la santé au 20ème siècle », rapporte Nathalie Bondil, Directrice du musée, dans un communiqué. « Les expériences culturelles seront bénéfiques pour la santé et le bien-être, tout comme la pratique du sport contribue à la forme physique. Les sceptiques feraient bien de se rappeler qu’il y a cent ans à peine, le sport était supposé déformer le corps et menacer la fertilité des femmes. Tout comme les médecins prescrivent des exercices physiques, ils seront en mesure de prescrire une visite au MBAM. »

foule au musée

Vaclav Pluhar via Unsplash

Et le musée n’en est pas à son coup d’essai en matière d’art-thérapie. L’institution abrite déjà un atelier supervisé par un thérapeute et une salle de consultation médicale. En parallèle, elle participe aussi à des essais cliniques censés évaluer l’impact de l’art sur la santé, rapporte le magazine américain Smithsonian. Les patients étudiés souffrent de différents troubles et maladies comme des problèmes alimentaires, le cancer du sein, l’épilepsie ou Alzheimer.

Un peu de douceur et de contemplation dans ce monde d’écrans 

En France, l’art-thérapie est encore peu considérée comme un traitement complémentaire aux médicaments. « C’est une prise en charge différente, centrée sur le patient en tant qu’humain et moins en tant qu’objet d’étude », explique la psychologue Martine Bouriffet, spécialisée en gériatrie. « En fonction de la symptomatologie, il faut qu’il y ait un entretien préalable et un médiateur. On ne peut pas risquer qu’une toile réactive un sentiment trop douloureux par exemple. Je suis pour les alternatives non médicamenteuses et serais prête à les conseiller à mes patients du moment qu’il y a un cadre ». 

Et l’initiative canadienne n’est pas un cas isolé. Dans les îles Shetland, en Écosse, des médecins se mettent aussi à prescrire des séances d’observation d’oiseaux, des randonnées et des promenades au bord de l’Atlantique pour traiter des maladies chroniques, rapportait The Guardian le 5 octobre 2018. L’article indique également que les patients peuvent être invités à rester silencieux pendant quelques minutes pour entrer dans une phase de « pleine conscience en plein air ».

mer meditation

Josh Adamski via Unsplash

Sur le lieu de travail, ces prises en charge pourraient avoir des vertus apaisantes. « Aller dans un musée, faire une promenade… ce n’est pas miraculeux et il faut plusieurs séances mais ça vous permet de décrocher et de vous focaliser sur autre chose, poursuit Martine Bouriffet. On en demande trop aux gens aujourd’hui, notamment sur le lieu de travail. Avec ce genre de prise en charge, ils redeviennent sujets et humains. On ne leur demande pas d’être performants, on prend en compte leurs émotions ».

À quand les ordonnances musées & découvertes en France ?

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