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Un groupe de jeunes employés dubitatifs face à un document mystère
© skynesher via Getty Images

Quand ils arrivent en entreprise, les jeunes se sentent... paumés

Le 25 févr. 2019

On dit qu’ils sont inconsistants, pas motivés, mais décidés à s’engager. Selon les résultats d’une étude menée par Ipsos, les jeunes sont surtout peu accompagnés quand il s’agit de leur orientation professionnelle.

C’est comment, de bosser avec les millennials ? Il paraît qu’ils seraient plus intéressés par la QVT que par le salaire. Qu’ils veulent bosser en CDI mais pas à temps plein. Qu’ils sont ceux qui demandent le plus de ruptures conventionnelles… Bref, pour les recruter, mieux vaut un peu savoir à quoi s’attendre. JobTeaser, société spécialisée dans le recrutement des jeunes talents en Europe, et WISE, sommet mondial de l’innovation pour l’éducation, ont cherché à dresser en une étude comment les jeunes envisagent le monde professionnel.

Une enquête menée par Ipsos auprès de 3 000 personnes dans 5 pays d’Europe met en évidence leurs principales préoccupations.

Des études pas assez formatrices

Le gros bug identifié, c’est qu’en Europe (où l’étude a été menée), les jeunes ne considèrent pas que l’école les forme à travailler. Moins d’un répondant sur deux se dit prêt à candidater à une offre d’emploi à la fin de ses études.

Cette hésitation s’explique en partie par le manque d’accompagnement dans leur orientation : 88% des personnes interrogées souhaiteraient être mieux accompagnées. Et ça se ressent chez les entreprises qui recrutent : elles sont 28% à estimer que la formation scolaire ne permet pas d’acquérir les connaissances nécessaires pour exercer un métier.

Tout le monde n’est pas d’accord sur les solutions à apporter

Pour y remédier, les jeunes revendiquent des mesures assez simples – comme le fait d’inclure des expériences professionnelles dans le cursus. Pour 97% d’entre eux, une expérience professionnelle (stage, alternance) est « essentielle » pour se préparer aux métiers de demain.

Du côté des entreprises, on regrette que les jeunes diplômés sous-estiment certaines qualités très utiles quand on commence à bosser. En tête de liste : l’éthique, jugée importante pour la vie professionnelle par les sociétés et certains établissements scolaires, et totalement mise de côté par les étudiants.

C’est aussi pour cela que 90% des recruteurs déclarent vouloir être plus impliqués dans la façon dont les établissements préparent leurs étudiants à la vie professionnelle. Mais entre ce qu’on dit et ce qu’on fait… Le gap est là : seuls 50% des recruteurs ont effectivement la possibilité de s’impliquer.  

Prêts à bouger pour le boulot de leurs rêves

La bonne nouvelle, c’est que les jeunes sont optimistes. 78% des personnes interrogées sont enthousiastes par rapport au monde du travail de demain. La démocratisation des technologies sur le lieu de travail y est pour beaucoup : les répondants sont 82% à penser que leur usage rend le travail plus efficace et plus serein.

Mais on n’est pas au pays des Bisounours, et les jeunes voient bien que le chômage est toujours dans les parages.

Cette conscience de la conjoncture du marché du travail les amène à chercher un job en-dehors de leurs frontières géographiques. 85% des jeunes se disent mobiles – pour eux, c’est la condition pour trouver un emploi qui réponde à leurs attentes, qu’il s’agisse de salaire ou de qualité de vie. Et ça tombe bien, parce que la flexibilité est, après l’éthique, une qualité très prisée par les recruteurs…


MÉTHODOLOGIE

Ipsos a interrogé 2 517 Européens âgés de 18 à 35 ans à travers un questionnaire en ligne en France, Allemagne, Espagne, Belgique et au Royaume-Uni. 500 personnes au moins ont été interrogées dans chaque pays. 381 recruteurs, membres de la communauté JobTeaser et 192 professionnels de l'éducation, membres de la communauté WISE ou d'écoles en lien avec JobTeaser ont également été sollicités en ligne. 

Commentaires
  • Il est atterrant d'en être encore là ! Préparer et orienter les jeunes au monde de l'emploi devrait pourtant être omniprésent dans leur scolarité. On multiplie les intitulés de diplômés, dans une démarche marketing pour allécher le chaland..., A quoi bon, si le fossé reste entre les études et la vie pro !

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