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Extrait de la série Halt and Catch Fire où Cameron est devant son ordinateur

On me demande d’analyser les data de ma boîte. OK… mais je suis paumé

Le 24 oct. 2018

On l’a compris : analyser ses données est un véritable enjeu pour les entreprises. Mais le savoir est une chose. Passer à l’action en est une autre. Et ça demande quelques aménagements en termes d’organisation…

Les données, c’est compliqué ? C'est pas faux ! Mais si vous pensiez qu’il suffisait d’embaucher un data analyst pour faire bonne figure… c’est raté.

Comprendre les problématiques plus que la technique

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe de plus en plus de solutions qui permettent d’automatiser certaines actions. « On n’a plus besoin d’être un expert en code pour créer un programme qui tient la route, explique Yann Ros, Senior Business Consultant chez Teradata France. Avant, il fallait des développeurs, en interne, capables de concevoir des logiciels ultra complets. »

Un principe de base qui a totalement exclu les petites entreprises – faute de compétences et de moyens – mais qui a rapidement rencontré ses limites. « Le plus important, ce n’est pas forcément d’avoir quelqu’un à demeure qui comprenne les dessous de la technique. C’est d’avoir des gens qui comprennent les problématiques. On ne peut plus se permettre de faire des règles généralistes, il faut des solutions sur-mesure lisibles par les équipes. »

 

Pour avancer, les boîtes ont besoin… des jeunes

C’est valable pour les entreprises de la tech, mais aussi pour celles d’autres secteurs. Agriculture, tourisme, « et même les petits commerçants : toutes les entreprises sont digitales, constate Éric Joulié, Vice-Président des régions Europe, Afrique et Moyen-Orient. Ce n’est pas un nouveau sujet, et les patrons sont conscients des enjeux de cette digitalisation. La question c’est de savoir comment ils vont pouvoir continuer à grandir avec la complexité que cela implique. »

La démarche n’a rien d’évident. Bien souvent, elle s’accompagne d’un choc de cultures parfois difficile à gérer. « Il y a un vrai besoin d’accompagnement pour comprendre d’une part les données, d’autre part les enjeux. Souvent, ce sont les jeunes qui amènent ce challenge, cette nouveauté, cette connaissance. Ils sont nés avec : pour eux, c’est plus naturel. »

Bien sûr, cela entraîne parfois certaines résistances… Mais pour Yann Ros, c’est plus lié au changement qu’au sujet de la data en lui-même. « Ça demande d’être vraiment pédagogue. Le problème c’est que bien souvent on veut le résultat final sans passer par des étapes d’éducation. Et ça fait peur aux gens. »

L’idée : commencer du début, procéder par étapes et au bon tempo. Ça a l’air d’être du bon sens… Mais c’est loin d’être gagné. « Il y a des cas où les entreprises se sont lancées tête baissée, et ça n’a rien donné. »  

Ce n’est pas parce que vous bossez à la com’ ou au marketing que vous n’êtes pas concerné

Le plus difficile, c’est d’accepter que le chantier implique un changement d’organisation. « On a tendance à penser qu’il suffit de se doter d’une équipe dédiée. La réalité, c’est que quand on s’y met, il faut changer de gouvernance, d’organisation et de méthode », poursuit Christophe Gendre, Country Manager France. Comprendre : l’utilisation des données ne se limite pas à un département confiné.  

Oui, on crée des nouveaux métiers : le data ingénieur, le data scientist, le chief data officer… Tous plutôt orientés « IT ». Mais les postes existants sont aussi impactés. « Avant, le directeur marketing pensait qu’il était maître des données clients. Ce n’est plus possible aujourd’hui : il faut créer des systèmes où données terrain et données numériques se rencontrent. »

Et c’est là le vrai challenge des entreprises : marier les différentes équipes.

« Dire à quelqu’un : ces données ne vous appartiennent pas, il faut les partager pour optimiser l’expérience… C’est compliqué. Et c’est le rôle du management. »

Des vieux c*ns, il y en a partout

La démarche n'est pas aisée, le domaine pointu, et le changement inconfortable. Alors on rétorque quoi, aux boîtes qui pensent qu’elles peuvent se passer de l’utilisation des données ? La réponse est cash : « des vieux c*ns qui ne veulent pas évoluer, il y en a partout. A l’époque, il y a des entreprises qui refusaient d’utiliser des ordinateurs… Elles ont disparu. »

C'est dit.


Ces propos ont été recueilli à l’occasion du Teradata Analytics Universe 2018. En savoir plus.


Crédit photo : AMC - Halt and Catch Fire

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