Portrait d'Adam Neumann

Leasing immobilier : le marché du logement excite l’ex-patron de WeWork

© Loopsider via YouTube

Dans la famille des serial entrepreneurs sulfureux, on demande Adam Neumann. Après avoir échoué dans le secteur de la location de bureaux, l’entrepreneur s'attaque à celui du logement. Et il n'est pas le seul...

Il rêvait de coloniser Mars. Il a conquis les espaces de bureaux en lançant le coworking WeWork dont il a fait le géant qu’on connaît, et ses déboires. C’est que l’homme avait sur le dos tant de casseroles qu'il a été débouté de son entreprise. Mais l’entrepreneur Adam Neumann n’a pas dit son dernier mot et il a fait couler bien de l’encre cet été. Il a annoncé le lancement de la start-up Flow dont on ne connaît pas le positionnement précis, si ce n’est qu’après l’immobilier de bureau, l’homme compte s’attaquer au logement. 

Il a reçu l’appui du célèbre fonds d’investissement Andreessen Horowitz, abonné aux meilleurs plans de la Silicon Valley. Le célèbre VC a notamment été l'un des tout premiers investisseurs de pousses telles que Skype, AirBnB ou Facebook, et l'un des plus fervents et des premiers défenseurs du Web3. Mais pour ce semestre, l’investisseur déclare sa foi en Adam Neumann puisque Flow peut compter sur un premier tour à hauteur de 350 millions de dollars — un montant inédit pour une première levée, tant et si bien que la startup Flow est déjà une licorne. Elle a en effet été valorisée à plus d’un milliard de dollars…

Connaissez-vous le « rent to own » ?

La startup table sur une pratique assez avant-gardiste de l’immobilier, le « rent-to-own » ou leasing immobilier. Longtemps cantonné au secteur automobile, le leasing se déploie désormais pour les candidats à la propriété, et s’adresse à ceux d’entre eux qui ont des difficultés à obtenir un prêt immobilier (apport pas assez important, jeunes actifs ou travailleurs indépendants…). L’idée est donc de proposer au particulier de louer un bien avec option d’achat. Une partie des loyers constitue son apport futur. Toujours aux États-Unis, la startup Withco propose le même principe aux commerçants. Nous nous en avions fait l’écho dans nos colonnes en début d’année. Face à un Withco ou tout autre concurrent, Adam Neumann dispose d’une avance de choc, son propre patrimoine immobilier est évalué à quelque 4 000 logements et à plus d’un milliard de dollars. 

Adam Neumann au TechCrunch Disrupt NY 2015 (Wikimedia Commons)

En France, la pratique du leasing immobilier commence aussi à faire des émules. La startup française Hestia mise ainsi sur le phénomène. Dans les faits, c’est Hestia qui se porte acquéreur du bien que le particulier a sourcé mais n’a pu acheter. Elle lui loue ensuite le bien, avec une option d’achat. À Hestia, l’acquéreur verse 2% de la valeur du bien (somme qui constitue son apport de base), ainsi qu’évidemment un loyer dont seulement une partie contribuera au rachat. Libre à lui de s’en porter acquéreur au bout de trois ans. Une manière de se constituer un apport, en attendant. Évidemment, la startup ne dispose pas des moyens d’Adam Neumann et s’attaque pour l’instant au marché marseillais. 

Dans les colonnes des Echos, ce 5 septembre 2022, un autre acteur, l’entrepreneur Charles Ruelle annonce le lancement prochain de la startup Sezame qui permettra aussi aux particuliers peu pourvus en capitaux d’accéder à la propriété avec ce même modèle, cette fois-ci dans la région nantaise. Reste à espérer pour les deux startups que le principe n’effraie pas trop un secteur immobilier réputé pour son conservatisme. Elles pourraient être toutefois aidées par des banques de plus en plus frileuses à prêter. En cause, la hausse des taux immobiliers.

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