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une horloge présentée sur un plateau d'argent

Covid-19, un petit virus qui remet les pendules de l’innovation à l’heure

Et Paf, le Corona ! Il nous a pris par surprise, ce virus. Mais après quatre semaines de confinement, on commence à comprendre que nous n'envisagerons plus l'innovation comme avant...

Plus de 55 000 morts à ce jour, nos économies mises à plat, de possibles tensions sociales et politiques... le coût de la crise du Covid-19 sera lourd. Mais il prendra du sens si nous transformons ce choc en enseignement. Ce que nous pourrions faire : abandonner certains de nos mantras futuristes et revoir la manière dont nous innovons.

Breaking news : finalement, le futur n’a pas été créé lors d’un Hackaton !

Dans le monde d’avant, on avait pris l’habitude de parler du futur. Il fallait absolument l’inventer, et chacun d’entre nous était censé s’y coller. Nous étions faits pour entreprendre, et pour monter la nation au rang sublimé de startup. La machine d’une créatrice compétition mondialisée était en marche, il fallait entrer dans la course, viser haut, passer à l’échelle. Quant au vieux monde, il devait se mettre au pas. Se faire ubériser ou crever ! Telles étaient nos options.

Notre rêve alors ?

Craquer un business model capable de scaler et de bousculer tous les acteurs du marché ! On en voulait du viral, on en rêvait de l’exponentiel, on kiffait l’agilité. La rapidité d’Uber, le talent d’hôte d'Airbnb, la capacité à nous clouer au lit de Netflix... on les a tant aimés.

Et pour tenter de reproduire leur succès, on en a fait des hackatons ! Visionnaires, nous voulions l’être. Et pour le faire, c'est marrant quand on y pense maintenant, on pensait qu'il fallait se tenir enfermés – confinés déjà, mais pas au-delà des 48 heures, fallait pas abuser.

Finalement, de tous, c'est un petit virus de rien du tout qui a obtenu la plus efficace des scalabilités. En quelques semaines, il nous a ubérisé, façon puzzle, bien comme il faut. 

Pour les climatosceptiques, cela ne signifiera sans doute rien. Mais les autres commencent à comprendre. Le réchauffement climatique générera des crises écologiques dont certaines pourraient bien prendre la forme d'épidémies. Il va falloir, maintenant, penser à innover autrement. Les trucs et les bidules, technologiques ou pas, pensés dans une logique du toujours plus, c'est fini. Les innovations de demain devront être solides, capables d'encaisser des chocs. Depuis le temps qu'on en parle, il va falloir s'y mettre : il est temps d'innover durable.

 

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commentaires

Participer à la conversation

  1. DIDIER HADDAD dit :

    Bonjour,
    Il n'est pas possible de tout prévoir.
    Chaque fléau doit être combattu avec les armes du moment. Il faudra bien entendu se servir de cette crise, pour établir des systèmes de défenses préventives très élaborés, et être proactif pour tous scénarios futurs.
    Cordialement,
    DIDIER HADDAD TOULOUSE

  2. bernard stiegler dit :

    Bravo pour la clarté et la lucidité du propos

  3. Sireuille dit :

    Analyse malheureusement juste et cohérente à laquelle j'adhère sans restriction!!! C'est du bon sens et nous en manquons souvent...

  4. Marc Gusils dit :

    Le principe d'une crise est justement son imprévisibilité. "Solide" mais la solidité peut aussi se retourner et provoquer une crise.

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