chauffe eau solaire low tech lab

Les low-techs pour lutter contre le péril écologique ?

Avec CGI
© Low Tech Lab

Les low-techs se concentrent sur nos besoins primaires : accès à l’eau, à l’alimentation, à l’énergie. Elles sont conçues localement, avec des méthodes simples et peu coûteuses. À l’heure où le péril écologique nous pousse à repenser nos modèles, elles proposent des réponses adaptées et facilement reproductibles.

Guénolé Conrad, Ingénieur en Énergie Renouvelable et membre du Low-tech Lab définit la low-tech comme un ensemble de systèmes utiles, accessibles et durables. « Utiles car ils répondent à un besoin de base (accès à l’eau, à l’énergie, à l'alimentation...). Accessibles à la fois économiquement et techniquement. Durables car fabriqués au maximum avec des matériaux recyclés et respectueux de l’environnement » . La low-tech a donc pour but de fournir des solutions technologiques locales et peu coûteuses pour répondre à des besoins primaires. En bref, rendre leur autonomie aux gens.

Empreinte écologique du tout numérique

On parle de « low » techs car ces innovations ne capitalisent pas sur des technologies ultra-innovantes. Ces dernières ont en effet une empreinte écologique très importante. « En 2019, le secteur du numérique a une empreinte carbone globale supérieure au secteur de l’aviation civile » , rappelle ainsi Fabrice Rigolot, Directeur Qualité & RSE chez CGI.

A l’inverse, les « low-techs » font appel « à l’ingéniosité individuelle pour trouver des solutions à partir de ce que l’on a déjà à disposition, sans ressources additionnelles » , abonde Caroline Ailleret, Consultante en charge de la prospective chez Boomer, cabinet de conseil en management de l’innovation. Les low-techs couvrent de nombreux domaines, de la création d’un réchaud à économie de bois à celle d’un four solaire en passant par une couveuse fabriquée à partir de pièces détachées de voiture, un microscope imprimé sur du papier ou encore des LED créées à partir de restes d’eau de javel… Et force est de constater qu’Internet est aujourd’hui une vaste boite à outils de tutoriels DIY.

La low-tech plus « good » que la « tech for good » ?

A l’heure où le « for good » est sur toutes les lèvres, que penser de la multiplication des infrastructures numériques et des devices associés ?

Philippe Bihouix, ingénieur arts et métiers et expert international en maîtrise de l'énergie rappelle que le digital, principal facteur d’accélération de l’innovation n’est pas « invisible » et s’appuie sur « des infrastructures physiques bien réelles (serveurs, antennes-relais, routeurs, satellites...) et des dizaines de métaux (argent, lithium, cobalt, étain...) qui nécessitent de l’énergie pour leur extraction » . « Aujourd’hui les solutions numériques sont souvent décrites comme « smart »  : smartphone, smart grids, smart city… mais où est la dimension « smart » si aucune réflexion n’est menée en amont sur leur impact global ? Avant de s’appuyer largement sur le numérique pour régler les problématiques sociétales, il faut s’assurer de comprendre et travailler sur l’empreinte de ces solutions » , complète Fabrice Rigolot.

Dès lors, les « low-techs » apparaissent comme une réponse particulièrement appropriée aux défis environnementaux. Pour ses adeptes, comme Guénolé Conrad, il est ainsi temps de remettre de la « sobriété et du bon sens dans la conception et l'utilisation de ces systèmes. »

Hybridation, collaboration, partage

Pour autant, à l’heure de la course au tout numérique, les low-techs présentent-elles un potentiel de généralisation crédible ? Plus que des produits finis, c’est plutôt le système de production « low-tech » , basé sur le partage, la collaboration et l’open-sourcing qui séduit les adeptes de ces solutions. « Les solutions low-tech sont souvent issues d’échanges et de confrontation entre des cultures très différentes. C’est ce modèle d’hybridation qui a un réel potentiel de généralisation » , souligne Caroline Ailleret.

En ce qu’il met l’accent sur la nécessité d’une transition structurelle (à la fois écologique et dans les modèles de production), le mouvement « low-tech » illustre donc parfaitement le ton de l’époque. Il offre par ailleurs des pistes de transformation concrètes, à la fois pour les individus et les organisations.

POUR ALLER PLUS LOIN :

> Entre le "low-tech" et les "tech addicts", découvrez les "clean techs"

> Il est temps que la finance remette l'argent au service de la société et de l'environnement

> Pourquoi les entreprises doivent passer à l'économie bleue

> Réconcilier écologie et numérique, il y a du boulot mais c’est possible

> La guerre des métaux rares : le vrai coût écologique et géopolitique du numérique

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.