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« Pas à la hauteur »  : les normaliens demandent à la recherche sur le climat de revoir sa copie

© Ron Lach

Les étudiants des grandes écoles se mobilisent, épisode 2 ! Dans la foulée du discours choc d'un groupe d'étudiants d'AgroParisTech, les choses bougent aujourd'hui à l’École Normale Supérieure.

Le 30 avril dernier, lors de la cérémonie de remise des diplômes d’AgroParisTech, la plus prestigieuse école d’ingénieurs spécialisée en agronomie et biologie, un groupe de huit étudiants est monté sur scène pour prononcer un « appel à déserter » l’industrie agroalimentaire, qui contribue selon eux à un carnage écologique et social. Dans une tribune parue le 11 mai dans Le Monde, 150 étudiants des Écoles Normales Supérieures posent à leur tour la question suivante : « Que restera-t-il du vivant à étudier si nous n’avons rien fait pour l’empêcher de s’effondrer ?  » Début mai, ces futurs chercheurs se sont constitués en un collectif baptisé « Effisciences » , pour proposer de nouvelles méthodologies de recherche adaptées aux enjeux sociaux et environnementaux.

Pour une recherche « impliquée »

« Trop souvent, la recherche reproduit les systèmes existants » , explique Tom David, membre du collectif et étudiant en sciences sociales à l’ENS de Lyon. Il est temps selon lui qu’elle apprenne à faire partie de la solution plutôt que du problème. Pour cela, il faudra aller à rebours de « l’appel incessant aux innovations court-termistes » .

Les étudiants ont conscience de leur responsabilité. « En science aussi, l’inaction n’est pas sans conséquence » , peut-on lire dans leur tribune. Pour Tom David, la recherche n’a pas d’autre choix que de descendre de sa tour d’ivoire face à l’urgence climatique. « La curiosité ne peut plus être notre seule boussole : il faut partir des problèmes sociaux et environnementaux prioritaires. » Le collectif travaille en ce moment à établir une liste de ces axes prioritaires de recherche « impliquée » .

Les étudiants en première ligne

Tom David se réjouit de la mobilisation progressive du monde étudiant en faveur du climat. « Notre réponse est moins en rupture que celle des étudiants d’AgroParisTech » , précise-t-il, saluant toutefois un « discours courageux » . « Plutôt que de déserter, nous proposons d’ouvrir une nouvelle voie. Nous pensons que la recherche a encore un rôle crucial à jouer dans la réponse aux problématiques environnementales. »

C’est donc au tour des ENS d’apporter leur pierre à l’édifice du « réveil écologique » entamé en 2018 par les étudiants de plusieurs grandes écoles françaises. Le collectif Effisciences envisage d’ailleurs des partenariats avec d’autres écoles, notamment Polytechnique. Et la mobilisation étudiante fait des émules parmi le corps enseignant, pour le plus grand bonheur de Tom David : « Plusieurs professeurs et chercheurs des ENS et d’ailleurs ont déjà relayé notre appel. »

commentaires

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  1. Anonyme dit :

    flachile.ff@gmail.com

    On vous soutient

    Fabrice

  2. Jacquy dit :

    Excellent! Il y a complémentarité entre agro-tech et ENS. Enfin on aborde la question de manière scientifique et réaliste.. hors fond de commerce politique et "démagogique".. Bravo à nos jeunes.. Qu'ils continuent avec constance et abnégation..

  3. Lony Maria dit :

    Bravo à ces jeunes , hommes et femmes dotés de bons sens ,attachés à regarder le monde avec objectivité, engagement et à contribuer ainsi à apporter leur pierre à l’édifice d’un « à venir » au bénéfice des générations futures.
    Le présent en est affecté et les choix doivent être remis en questions pour AGIR maintenant … La génération de l’intelligence humaine est en bon ordre de marche !! Et san aspire aucun de manière irréversible

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