Page de Paga, star de la télé réalité sur Trendex

Trendex, l’appli qui veut transformer les youtubeurs et les stars de télé-réalité en actifs financiers

Puisque nous avons tous une cote sur les réseaux sociaux, quantifiée en nombre de likes et d’abonnés, pourquoi ne pas nous attribuer un prix ? C'est l'idée évidemment controversée qui a déjà convaincu 10 000 utilisateurs.  

Avec 5 euros en poche, sachez que vous pouvez détenir une « part » de Paga, un candidat de télé-réalité devenu influenceur. Pour 3 euros, vous pouvez miser sur la cote d’Andy Delort, attaquant de l’OGC Nice. Et pour 2 euros, détenir une part du youtubeur L’Étoile Noire. Si leur carrière décolle, le prix de leur part augmentera et votre portefeuille aussi… Vous devenez en quelque sorte actionnaire de leur carrière. C’est le principe de l’application web Trendex lancée en août. Elle entend marchandiser la popularité de célébrités déjà installées ou en devenir. 

Pour le moment, une trentaine de « VIP » sont listées par la startup corse. On y trouve principalement des joueurs de football, des youtubeurs et des stars de la télé-réalité. Pour chaque célébrité, 100 000 parts sont émises. Pour se rémunérer, Trendex en conserve 20 %, et le reste est à disposition des utilisateurs. Le prix varie en fonction de l’offre et de la demande. Les premiers acheteurs ont aussi le droit à certaines récompenses comme l’accès à un chat privé, une soirée avec la star en question... 

Retour d’ascenseur 

« Le but est de créer une relation très affective entre les VIP et les investisseurs, explique Andrea Bonapersona, CTO et cofondateur de Trendex. Si je soutiens un jeune footballeur qui a le potentiel d’un Mbappé, j’aurais un retour sur investissement cinq ans plus tard. L’idée est d’aider quelqu’un quand il en a besoin, et avoir le retour d’ascenseur quand la personne réussit quelques années plus tard. Sur Tipee ou Patreon, les fans peuvent déjà financer des créateurs de contenus, mais c’est à sens unique – on finance quelqu’un sans avoir de retour sur investissement. Je trouve ça injuste » , décrète l’entrepreneur. 

L’idée a déjà séduit 10 000 personnes, qui investissent un panier moyen de 100 euros. Trendex espère en rassembler 100 000 d’ici la fin de l’année.

Un concept venu des cryptomonnaies

Le concept n’est pas totalement nouveau. Nous vous en parlions dans notre dossier consacré au « conso'traders » , ces consommateurs qui ne se contentent plus d’acheter, mais investissent. Quelques applications, en majorité américaines comme BitCloud ou Roll, permettent déjà d’acheter des social tokens, des actifs virtuels indexés à la popularité d’une personne, d’un club de foot ou d’une communauté.  

« Le problème de ces applications, c’est qu’elles s’adressent à une niche, estime Andrea Bonapersona. Pour les utiliser, il faut s’intéresser aux cryptomonnaies et comprendre un peu la blockchain. Or, le grand public ne perçoit pas la valeur ajoutée d’une blockchain. Ce qu’il perçoit c’est la connexion qu’il peut avoir avec une célébrité. »

Sur Trendex donc, aucune allusion au monde des crypto. Les prix sont affichés en Euro, pas besoin de détenir des Ethers pour accéder à l’application. Car l’obsession de l’appli française est d’attirer le plus de monde possible. À terme, la plateforme devrait migrer vers une solution blockchain afin de mieux sécuriser les transactions (car c’est tout l’intérêt d’une blockchain : avoir la preuve irréfutable que l’on a bien acheté une cryptomonnaie). Ceux qui n’y connaissent rien aux crypto ne verront pas la différence, assure le dirigeant.  

Une financiarisation des personnes « inévitable »

L’entrepreneur corse, fondateur de trois autres entreprises, a décidé de se consacrer principalement à Trendex, car il « croit énormément à cette idée » . Mais elle ne fait pas l’unanimité. Certains fans de célébrités listées par l’application se sont indignés d’un projet qualifié de « pitoyable » et d’ « arnaque » , rapporte Melty

« Il est inévitable qu’on ait du backlash, rétorque Andrea Bonapersona. Mais je pense que la financiarisation des personnes est elle aussi inévitable. Sur les réseaux sociaux, la cote d’une personne est déjà quantifiée en nombre de likes et de followers. On vient simplement matérialiser cela. »

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