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Manifestante tient un porte-voix pendant une manifestation
© MmeEmil via Getty Images

Des travailleurs de la tech se rebiffent contre la réforme des retraites

Le 13 déc. 2019

La pétition en ligne Onestla.tech signée par plus de 1 000 développeurs, designers web, entrepreneurs... appelle à la grève contre la réforme du gouvernement. Signe que la tech ne se résume pas à la start-up nation.

Sur la réforme des retraites, on entend surtout la voix des cheminots, des enseignants, des soignants. Moins celle des développeurs web et entrepreneurs de la tech. La pétition en ligne Onestla.tech prouve que la profession peut aussi prendre des positions politiques. Cette initiative lancée le 9 décembre est déjà ralliée par plus de 1 000 travailleurs du web. Elle appelle le secteur du numérique à se mobiliser contre la réforme du gouvernement.

Travailler plus à l’heure de l’automatisation : un non-sens

« Allonger le nombre d'années de travail nécessaires avant la retraite ou encore prétendre lutter contre le chômage tout en incitant à effectuer des heures supplémentaires est une aberration, un non-sens historique à l'heure de l'automatisation galopante », affirme le texte. Le problème reste que la richesse créée par cette automatisation n’est aujourd’hui pas à la disposition de tous, mais détenue par une poignée de personnes actionnaires ou propriétaires de sociétés de la tech, regrettent les auteurs.

Parmi les signataires, on trouve de nombreux développeurs web indépendants, des acteurs du logiciel libre, des défenseurs des libertés numériques, des chercheurs, mais aussi des PDG de start-up et des salariés de grands groupes comme Orange et OVH.

L'informatique, ce n’est pas que la start-up nation

Au-delà de la mobilisation contre la réforme, l’objectif du texte est de prôner une automatisation du travail différente de celle qui est à l’oeuvre aujourd’hui. Les signataires réclament un numérique plus respectueux de l’environnement, au service d’une meilleure répartition des richesses et de meilleures conditions de travail.

« L'automatisation doit être mise à profit pour redonner du sens au travail, pour permettre de travailler mieux, et moins. À l'opposé de la standardisation du travail qui impose aux humains de s'adapter au rythme infernal des machines (courses Uber, livraisons Deliveroo, chargement des camions dans les entrepôts Amazon et autres tournées de distribution de colis guidées par des algorithmes). (...) En tant que conceptrices et concepteurs de ces programmes, de ces algorithmes, notre responsabilité est de veiller à ce que nos créations servent à aider, à libérer. De refuser de produire des outils conçus pour exploiter, asservir, réprimer ou polluer. »

« Dans l’esprit de pas mal de personnes qui bossent pas dans l'informatique, les informaticiens c’est la start-up nation. Ce n’est pas que ça », explique Christophe Robillard, développeur indépendant et initiateur de la pétition au micro de PodcastEcho. « Être réduit à cette image là ne nous convenait pas. Et c’est l’une des raisons pour laquelle les gens se mobilisent. Pour montrer que d’autres visions de la société existent dans le numérique », renchérit Hélène Marchois, experte de la méthode agile chez la coopérative Fairness.

Début d’un techlash français ?

Depuis plusieurs mois, la Silicon Valley est en proie à une vague de contestations internes. De nombreux salariés, chez Google et Facebook notamment, se mobilisent contre les décisions des entreprises pour lesquelles il travaillent. En France, ce techlash (retour de bâton) était jusqu’ici absent ou du moins silencieux. Cette pétition montre que des voix contestataires existent bien dans le secteur. Un signal à suivre.

Marine Protais - Le 13 déc. 2019
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  • De nombreuses voix contestataires existent dans le secteur ! Ils ne sont pas encore assez nombreux, ni assez visibles dans les medias, mais ils sont bien là et se développent ! Pensez à Helloasso, Latitudes, Simplon, tous les acteurs du Libre qui se développent (framasoft, wikipedia...), ou à Webassoc qui avance sans même de compte en banque pour prendre à contre pied la culture de l'argent !