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Cerveau arc-en-ciel

Sauvegarder son cerveau pour le télécharger dans un autre : on s’en approche mais c'est flippant

Le 15 mars 2018

Une société propose de cryogéniser son cerveau et garantit sa conservation au niveau nanométrique (un milliardième de mètre). Mais il y a un hic...

Un cerveau cryogenisé peut se conserver plusieurs dizaines d’années. Mais aucun expert ne peut certifier qu’une fois éteint, il se rallumera bel et bien pour habiter un nouveau corps. C’est pourtant dans cette voie que souhaite se diriger la société américaine Nectome. Elle propose un système permettant de cryogéniser un cortex cérébral en garantissant une bonne conservation avec une précision allant jusqu’au nanomètre.

Cela signifie que leur technologie est en mesure de garder tel quel le réseau de synapses qui connecte nos neurones. Selon certains chercheurs, comme le neuroscientifique Ken Hayworth, établir cette cartographie doit permettre de recréer la conscience d’une personne dans une autre enveloppe. « Le cerveau peut être mort, comme un ordinateur éteint. Mais rien ne dit que les informations qu’il contient n’y sont plus », précise l’expert.

C’est pourquoi la startup américaine entend utiliser les informations contenues dans le cerveau pour les réutiliser, lorsque les technologies seront suffisamment matures pour réimplanter des éléments externes dans un nouveau corps/cyborg plus ou moins humain. Selon Robert McIntyre, le fondateur de Nectome, cette méthode devrait ouvrir la voie à un apprentissage plus rapide par nos descendants. Plus émotionnel, moins formel.

Interrogé par la MIT Technology Review, il précise : « Lorsqu’une génération meurt, sa sagesse collective ne reste pas. Avec cette technologie, il sera possible de transmettre son savoir mais également son expérience et la sagesse acquise durant toute une existence. Les enfants apprendront en partant des propres erreurs de leurs aînés ». Une perspective intéressante bien qu’un peu flippante.

Sauf que cette position n’est pas partagée par l’ensemble de la communauté scientifique. Une bonne partie d’entre eux estime que la thématique du stockage et de la réanimation cérébrale relève de la fraude. Dès 2015, certains experts dont Michael Hendricks ont décrit ces positions comme étant susceptibles de générer de faux espoirs pour des personnes atteintes de maladies graves ou en quête d’éternité.

King of my castle : le mythe du cerveau prisonnier téléchargeable ?

Les propos de la société Nectome donnent à réfléchir. Sa vision à terme est de permettre aux données contenues au sein même du cortex cérébral puissent être réutilisables -téléchargeables- à souhait par les générations futures. De rendre en quelque sorte permanents nos choix moraux à l’aune de notre propre expérience.

Mais rien ne dit que ces mêmes choix vont conduire à cloisonner la pensée des générations futures. Possiblement incapables de réaliser leurs propres expériences dans la mesure où elles auront déjà tout vécu, tout tenté… Un casse-tête dont la réponse pourrait être de nature philosophique.

Dans sa théorie de l’inconscient, Sigmund Freud expliquait que l’égo humain était délibérément soumis par son inconscient. Cette partie, clé de voute de l’image que l’on pense avoir de soi, n’est ainsi pas maitresse des lieux qu’elle habite. L’égo n’est donc pas roi en son propre château.

Dans ce cadre, la libération d’une partie de la conscience pourrait avoir des conséquences lourdes sur les êtres/personnes/machines qui pourraient récupérer les informations contenues dans les cerveaux des générations précédentes. De quoi prendre un peu de recul sur ce type d’avancée aux contours encore flous.

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