Un oeil analysé par un système de reconnaissance occulaire

En Chine, les Ouïghours servent de rats de laboratoire à l’I.A. émotionnelle

Selon la BBC, un système de reconnaissance des émotions serait testé par la police chinoise sur la population ouïghoure.

En Chine, les quelque 12 millions de Ouïgours, un peuple turcophone à majorité musulmane réprimé depuis les années 2010 par le gouvernement, vivent sous une surveillance constante, montrent différents rapports d’ONG. La BBC révèle une nouvelle forme de surveillance technologique mise en place par la police chinoise de la région du Xinjiang.

Le média a pu s’entretenir avec un ingénieur informaticien, qui a participé à l’installation de caméras « détectrices d’émotions » dans des stations de police du Xinjiang. « C’est similaire à un détecteur de mensonges, mais avec une technologie bien plus poussée » , résume-t-il.

Pour se plier au test, les individus sont placés dans des chaises de contention, courante dans les stations de police chinoises. « Les poignets sont bloqués par des attaches en métal, et il en est de même pour les chevilles » , explique l’ingénieur. Il a également fourni des photos au média.

Graphique camembert représentant les émotions négatives

La caméra serait capable de détecter le moindre changement d’expression faciale, et la dilatation des pores de la peau, précise-t-il. Un graphique camembert censé représenter la part d’émotions négatives et anxieuses de la personne est ensuite généré. Cette procédure serait utilisée pour faire « un préjugement » .

Contactée par la BBC, l’ambassade de Chine à Londres n’a pas répondu au sujet de ce système, mais assure que les droits de toutes les minorités sont respectés.

Ce n’est pas la première fois que la presse internationale rapporte la manière dont les systèmes de reconnaissance faciale sont utilisés contre les Ouïghours. En décembre 2020, le Washington Post révélait que la police chinoise utilisait une technologie développée par diverses entreprises permettant d’identifier les Ouïghours d’après les traits de leur visage.

Une vie pour générer de la donnée

« Le gouvernement chinois utilise les Ouïghours pour différentes expérimentations, comme des rats de laboratoire » , juge l’ingénieur à la BBC.

Darren Byler, anthropologue américain spécialiste de la Chine, estime que la vie des Ouïghours « se résume à générer de la donnée » .

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