Jungkook des BTS, Crazy Frog et un personnage Ubisoft

NFT, ce petit objet de la colère

© Wikimedia commons, Crazy Forg, Ubisoft

Nocifs pour l’environnement, trop spéculatifs, inutiles… Pour les communautés de fans, le lancement de collections de NFT à l’effigie de leurs idoles n’a rien d’une bonne nouvelle. 

« En 2005, j’étais la grenouille la plus détestée du monde. En 2021 : je suis la grenouille la plus détestée du monde. Rien n'a changé, hein ?  » , se désolait Crazy Frog le 11 décembre sur son compte Twitter. L’infernal personnage, égérie d’une sonnerie de téléphone et d’un tube vintage, a refait surface il y a quelques jours. Le 9 décembre, Crazy Frog Entertainment annonçait un nouveau morceau, une nouvelle vidéo et - cerise sur le gâteau - une collection de NFT, ces jetons cryptographiques qui permettent d’authentifier un objet numérique. Pour le moment, peu d’information a été donné sur le caractère des NFT Crazy Frog, qui seront en vente sur la plateforme Metabeats

Mais la nouvelle n’a pas franchement ravi les fans de l’amphibien. Car oui, ils existent encore. Une partie de la Gen Z a même fait revivre la musique entêtante « R-Ding-Ding-Di-Ding… » à coups de chorégraphies TikTok. Mais suite à l’annonce, la communauté s’est retournée contre la grenouille, en envoyant des mails haineux et fleuris à l’entreprise propriétaire de Crazy Frog. 

Menaces de mort

La plupart des critiques concernent l’impact environnemental des NFT. Comme les cryptomonnaies, les NFT nécessitent un procédé informatique énergivore pour pouvoir être édités. D’autres se moquent du fait qu’ils ne sont rien d’autre qu’une image JPEG que l’on peut enregistrer grâce à un clic droit, raconte Vice. Quelques jours après l’annonce, le compte Twitter Crazy Frog répond au déluge de haine. « Nous apprécions les critiques légitimes sur les NFT, mais nous envoyer des menaces de mort et autres insultes par e-mail n’est ni cool ni productif.» Des menaces de mort donc, pour des NFT de Crazy Frog. 

Ce n’est pas la première fois que le lancement d’une collection de jetons fâche un fandom. L’entreprise Ubisoft en a elle aussi fait les frais. L’éditeur propose depuis peu des skins pour son jeu Ghost Recon Wildlandsv sous forme de jetons non fongibles. Sauf que la vidéo de présentation a récolté en quelques jours plus de 30 000 mentions « je n’aime pas » (contre 1 000 « j’aime » ) et l’entreprise a décidé de la déclasser de sa chaîne. 

Les joueurs reprochent à l’éditeur d’investir dans l’élaboration de NFT, plutôt que d’améliorer les jeux existants. Les NFT sont aussi perçus par les joueurs comme un nouveau moyen peu scrupuleux de les faire dépenser. Selon le média Kotaku, un certain nombre de salariés rejettent aussi l’initiative. Mais Ubisoft n’a pas l’air décider d’abandonner le projet, qui ne serait que le début de son aventure dans « le Web3 » et le « métavers » . 

NFT comme opération de com’ : la fausse bonne idée ?

Autre communauté, même problème : celle des fans de BTS, eux aussi outrés de voir Hybe, société productrice du boys band, annoncer le lancement de cartes numériques (sous forme de NFT) à l’effigie des membres du groupe. Pour une partie de l’ARMY (le nom donné à la fanbase de BTS), cette action trahit l’engagement environnemental des « garçons » et de leurs fans. Pour montrer leur désaccord, certains appellent au boycott de Weverse, le réseau social et e-shop des fans de K-POP, ou demandent à BTS de quitter leur agence.

@gfbot

disgusting do NOT buy them . nfts are terrible for the environment & so hypocritical #hybe#kpop#kpopfyp#foryou#bts#btsarmy#youredone#anticapitalism

♬ original sound - kat

Depuis plusieurs mois, les marques ont tendance à faire du lancement de NFT une nouvelle opération de communication à la mode, mais ces exemples pourraient freiner leurs velléités…

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