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L'intelligence artificielle peut-elle avoir une conscience ?
© peepo / iStock

Où en est l’intelligence artificielle aujourd’hui ?

Le 14 janv. 2021

En matière d’intelligence artificielle, les mythes véhiculés par le cinéma sont tenaces. On lui prête ainsi autant de capacités incroyables que de menaces potentielles… Mais de quoi est réellement capable l’intelligence artificielle ?

Il y a deux ans, nous vous expliquions que l’intelligence artificielle n’existait pas. En tout cas, pas au sens où on l’entend généralement, dans une vision romanesque construite par le cinéma. Film après film, dystopie après dystopie, les récits sur l’intelligence artificielle se sont fait tour à tour exaltants ou franchement inquiétants. Qu’en est-il vraiment ?

Quand le cinéma façonne les mythes de l'IA

En attendant de devenir les nouvelles stars du 7e art, les intelligences artificielles actuelles peuvent-elles vraiment se faire passer pour un humain comme dans Ex Machina ? Faire preuve d’empathie comme dans Her ? Ou avoir une conscience comme dans Ghost in the shell ?

Bref, les intelligences artificielles d’aujourd’hui sont-elles à la hauteur des mythes qu’on leur prête ? Pour le savoir, nous sommes allés poser quelques questions à Damien Cudel, en charge de l’équipe des Architectes Cloud Data & IA chez Microsoft France. Nous avons confronté cet expert aux cinq mythes les plus fréquemment attribués aux intelligences artificielles. Si certains mythes sont encore loin d’être atteints, d’autres nous montrent que les IA sont décidément pleines de surprises !

Mythe n°1 : l’IA est capable de se faire passer pour un humain

Dans le film de science-fiction Ex Machina, un programmeur doit tester une intelligence artificielle. Cette dernière a le visage, l’apparence, un comportement et des façons d’interagir très humaines. On oublierait presque qu’il s’agit d’une intelligence artificielle.

Pour Damien Cudel, la réalité est plus modérée. « Les IA sont capables de faire ce que font les humains aujourd’hui, mais uniquement sur des tâches extrêmement simples », explique-t-il. Comme le répète le chercheur en Intelligence Artificielle Andrew NG, « tout ce qui demande moins d’une seconde de réflexion à un humain » peut être automatisé. Le modèle GPT‑3, par exemple, est capable d’écrire des articles grâce aux instructions qu’on lui donne, mais il n’y a pas là la moindre réflexion. Il s’agit juste de la simple répétition de patterns identifiés dans la distribution des données qui ont servi à construire GPT‑3. « Même lorsqu’une IA semble faire preuve d’empathie comme le chatbot Xiaolce développé par Microsoft et déployé en Chine, il ne s’agit que d’automatismes, explique Damien Cudel. Par exemple, elles ne font que reformuler notre phrase en intégrant des éléments issus du contexte conversationnel et de l’analyse des sentiments du locuteur ».

Pour le reste, les IA sont à la traîne. « Si l’on pose une question improbable à un modèle de traitement du langage naturel tel que GPT‑3, l’IA va tenter de donner une réponse, là où un humain saura identifier que cette question n’a aucun sens » illustre Damien Cudel. C’est même, aujourd’hui, un indice précieux pour débusquer une intelligence artificielle. Comme le souligne l’expert : « Les IA n’ont pas encore de bons sens, c’est très facile de les mettre en défaut, de dévoiler qu’il ne s’agit que d’un algorithme. »

Découvrez 3 autres mythes décryptés sur Microsoft experiences online

 

Sandrine Cochard - Le 14 janv. 2021
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