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une femme assise sur un banc dans un jardin en train d'écrire sur une feuille de papier
© Cannasue via Getty Images

Une intelligence artificielle l'affirme : E.A Poe ne s'est pas suicidé

Le 28 févr. 2020

Des chercheurs américains ont passé au crible d’un algorithme les textes du célèbre auteur américain. Conclusion inattendue : il souffrait de dépression, mais ne s’est sans doute pas suicidé.

Les fans de hip-hop ont Tupac. Ceux de littérature ont Edgar Allan Poe.

Overdose, choléra, rage, suicide... Les conditions mystérieuses qui entourent la mort de l'une des plus grandes figures du romantisme américain alimentent toujours les discussions et les fantasmes de tous les lit nerds.

Aujourd'hui, une IA entend clore le débat, rapporte le média Fast Company.

Un algo qui identifie les marqueurs linguistiques de la dépression

Des chercheurs de la University of Texas et de la Lancaster University ont fait analyser les écrits de l'auteur connu pour avoir préfiguré la science-fiction et le fantastique : 309 lettres, 49 poèmes, 63 nouvelles ont été décortiqués par un algorithme conçu pour identifier les marqueurs linguistiques de la dépression.

Mort en 1849 après avoir passé plusieurs jours dans un état de délire, la mort d'Edgar Allan Poe a fasciné déjà ses contemporains. Charles Baudelaire affirmait que sa mort relève du suicide, et pas n'importe lequel... « un suicide préparé depuis longtemps. » Plus récemment, Ryan Boyd, psychologue à Lancaster University spéculait encore : « Mon intuition me dit qu'il a sombré dans une spirale de dépression, mais qu'il ne s'est pas suicidé... »

Pour enfin élucider ce mystère, l'algorithme est parti à la recherche d'indicateurs, l'utilisation fréquente de termes relatifs aux émotions négatives (mauvais, triste, en colère...) par exemple, la rareté des adjectifs positifs (bon, merveilleux...) et de certains pronoms (nous...) etc.

Des recherches auraient montré que ce type de marqueurs abondent juste avant les suicides, notamment lors d'échanges épistolaires.

Si les chercheurs ont pris Allan Poe pour cobaye, c'est que lui comme l'ensemble des poètes fournissent une riche matière première. Une étude publiée en 2018 (Predictive Linguistic Markers of Suicidality in Poets) s'est aussi penchée sur le cas de poètes suicidés pour développer une méthode permettant de détecter les divers signes annonceurs de différents troubles mentaux.

Laure Coromines - Le 28 févr. 2020
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