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Un visage peint en noir et blanc sur fond noir et blanc
© sarah5 via Getty Images

Le gouvernement américain veut stocker des données dans de l'ADN

Laure Coromines
Le 22 janv. 2020

L'oncle Sam a sélectionné l'entreprise française DNA Script pour développer une technologie de pointe : le stockage de données dans l'ADN. 

Suite à l'appel d'Emmanuel Macron, près de 200 chefs d'entreprises français et étrangers se sont rassemblés lors du sommet Choose France pour promouvoir le savoir faire industriel français. Parmi eux, la biotech DNA Script, fondée en 2014 à Paris, spécialiste de la synthèse enzymatique d’ADN. Mandatée avec d'autres par le gouvernement américain, elle a quatre ans pour trouver le moyen de stocker des données dans de l'acide désoxyribonucléique... 

Encoder l'équivalent de 250 films dans une molécule 

Une précision s'impose : on ne parle pas d'ADN humain, mais d'ADN créé à partir de molécules biochimiques utilisées comme support physique de l'information. 

Ce projet, à l’intersection de la biologie, de la physique, des théories de l’information et de l’ingénierie électrique sera mené en collaboration avec des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), d’Harvard, et d’Illumina, expert américain du séquençage génétique. L'objectif semble sorti tout droit du scénario d'un film de série B : créer le prototype d'une machine capable d’encoder dans une molécule un téraoctet de données, (l'équivalent de 250 films !). Le tout dans un délais de vingt-quatre heures et pour la somme de 900 euros. 

Thomas Ybert, cofondateur et CEO de DNA Script explique : « Cela peut être compliqué à visualiser, car l'ADN est soluble, inaudible, incolore... En gros, le produit final aura la forme d'un hardware, d'une puce informatique. »

Le modus operandi est le suivant : convertir des données (textes, photos...) stockées dans un ordinateur sous forme de 0 et de 1 en une succession de nucléotides, les molécules organiques élémentaires, appelées bases, qui composent l'ADN. Ces bases répondant aux noms de A, T, C, et G peuvent être écrites (stockées) mais aussi décryptées (récupérées) facilement grâce aux progrès de la biologie moléculaire, permettant donc potentiellement un encodage et un décodage rapide.  

Ok cool, mais pour quoi faire ? 

Un moonshot, c'est-à-dire la résolution d'un problème majeur grâce à une technologie de rupture. Et le problème majeur, à l'heure du big data, c'est le stockage. Trop coûteux, énergivore, volumineux... et rapidement obsolète ! 

« La différence entre les solutions de stockage actuelles et celle que nous essayons de développer est la même que celle entre un DVD et Blue-ray. À l'oeil nu, rien d'apparent, pourtant le potentiel dans le second cas est décuplé », précise Thomas Ybert. 

Le commanditaire du projet est l’IARPA (Intelligence Advanced Research Projects Activity), une agence au service du renseignement américain. Cette dernière a alloué un budget de 23 millions de dollars (sur une enveloppe totale de 43 millions) au consortium dont fait partie DNA Script dans le cadre du projet Molecular Information Storage, qui entend développer des polymères à séquence contrôlée pour servir de base à des technologies mobiles de stockage d’information. 

Le reste de la somme revient à une seconde équipe, composée de Microsoft et de la biotech californienne Twist Bioscience, championne de la puce à ADN.

Si le pari est tenu, des applications commerciales pourraient voir le jour d'ici 5 ans pour les entreprises, et 10 ans pour le grand public. Quant à savoir si les bénéfices de cette découverte reviendront à la France – selon les voeux d'Emmanuel Macron – ou aux États-Unis... 

Commentaires

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  • Après les armes bactériologiques, bien sûr pourquoi pas des inséminations de virus a l'échelle moléculaire, comme des Cancers fulgurants déclenchables a distance de manière ciblée ...comme si tout n'avait été crée en ce monde par l'oncle Sam pour notre bien être et non dans un but Martial et létal ^^ La dégénérescence et les débordements de la tech-fashion n'à d'égal que l'apathie dont fait preuve la ligue des droits de l'homme face à ce genre de projets, ici on ne parle plus de pistage, de dérives eugénistes nazies visant le "perfect-matching" mais de manipulation biologique de masse à l'échelle cellulaire
    Aussi révoltant qu’effrayant, mais bon ma foi, si ça peut réguler la population de cette génération Z(éro brain) qui se jettera dessus tel un beau cheptel de Dolly-décérébrés juste histoire d' être "super-tendance" allons y!!

    Signé: Juste un mec tellement heureux de pas avoir fait de gosses dans ce monde de Narcissistic-dumb