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Une femme habillée en jaune jette en l'air des billets
© Deagreez via Getty Images

Facebook est prêt à payer la somme de 4,62 euros pour vos enregistrements vocaux

Le 21 févr. 2020

Le géant de Menlo Park paiera dorénavant certains de ses utilisateurs en échange de quelques enregistrements vocaux. L’objectif : améliorer sa technologie de reconnaissance vocale.

Epinglé pour avoir écouté et retranscrit des enregistrements vocaux sans la permission de sa communauté, Facebook a été contraint d’adopter une nouvelle stratégie pour collecter ces précieuses données...

Quelques données, à votre bon cœur !

Le réseau social a annoncé hier le lancement d’un nouveau programme baptisé Pronounciation, révèle le média américain The Verge. Sa fonction : affiner la technologie de reconnaissance vocale du réseau social. 

Pour participer au programme, il faudra bien sûr avoir un compte Facebook, et avoir plus de 75 amis. Les volontaires devront s’enregistrer en train de dire « Hey Portal », suivi du nom d’une relation Facebook. Chaque enregistrement devra être répété deux fois et l’opération pourra être renouvelée avec le nom de 10 contacts. L’action donnera droit à 200 points sur Viewpoints, mais il faudra attendre d’en avoir 1 000 pour espérer recevoir un virement Paypal de 5 dollars. Pour l’instant, le programme n’est disponible qu’aux États-Unis.

Pour rappel, Pronounciation est rattaché à l’application d’étude de marché Viewpoints, lancée par Facebook fin 2019 pour remplacer un précédent et très douteux programme qui utilisait un logiciel Apple et violait les règles relatives à la vie privée... 

Quand les GAFA écoutent aux portes

Bien sûr, Facebook n'est pas le seul à avoir été pris la main dans le sac. Amazon, Apple, Google et Microsoft ont aussi été retoqués pour avoir écouté et analysé des enregistrements vocaux sans en avoir informé leurs utilisateurs.

Sorti le 12 février 2020 sur France.tv Slash, le documentaire « Invisibles », réalisé par Henri Poulain, Julien Goetz et Antonio Casilli donne la parole aux « travailleurs du clic », ces travailleurs de l'ombre à la solde des géants du Net. Dans « Au-delà du clic », le quatrième épisode du documentaire, un jeune homme partage son expérience en tant que « language analyst » chez un sous-traitant d’Apple à Dublin.

A longueur de journée, il entraine des algorithmes sur la base d’enregistrements sonores pour rendre l'application de commande vocale Siri plus efficace. « Le principe était d’écouter des gens qui dictaient un message, ou bien qui parlaient à Siri. Mais en réalité, les micros des appareils Apple se déclenchaient tout seuls de manière aléatoire, et on écoutait à longueur de temps des personnes parler de leur vie privée, discuter de choses vraiment très intimes… C’était ça mon travail, nourrir la machine. »

Finalement, le jeune homme, qui témoigne à visage découvert malgré les clauses de confidentialité, a fini par se la jouer comme Snowden : collecter des preuves des agissements d’Apple et quitter la boîte sur la pointe des pieds.

« En fait, on nous écoute en permanence, sur tous les outils technologiques soi-disant à notre disposition », raconte le jeune homme. « Je me sentais dépassée par le volume de la chose. Mais ce n’est pas si compliqué de ne pas se laisser faire. Car ce n’est un allant de soi, en tout cas, cela ne devrait pas l’être. »

Laure Coromines - Le 21 févr. 2020
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