habillage
premium1
premium1
Une télévision laissée à l'abandon sur une plage de la mer Baltique
© kurkul via Getty Images

Smartphones, télés, consoles... leur impact environnemental s'aggrave à une vitesse folle

Le 22 oct. 2019

Selon une étude du cabinet Green IT, le numérique consomme deux à trois fois plus de ressources que la France. Et cela n’est pas prêt de s’arranger si les équipements continuent de se multiplier à ce rythme.

L’impact environnemental du numérique ne tarit pas. Il s’accélère même à une vitesse inquiétante selon le dernier rapport du cabinet français spécialiste du numérique responsable Green IT, publié mardi 22 octobre.

Le secteur représente 4,2 % de la consommation en énergie primaire et émet 3,8 % des gaz à effet de serre mondiaux. Cela signifie que son empreinte environnementale est 2 à 3 fois supérieure à celle d’un pays de la taille de la France. Si rien n’est fait, cet impact sera multiplié par deux ou trois entre 2010 à 2025, estime Green IT. « C’est une hausse très rapide par rapport à d’autres secteurs », constate Frédéric Bordage, expert en sobriété numérique et fondateur de Green IT.

Le numérique de loisir, le grand responsable

Selon le rapport, qui s'est appuyé sur différentes études de marché, les principaux coupables sont les 34 milliards d'équipements numériques (smartphones, tablettes, télévisions connectées, consoles…) dans le monde. Leur fabrication, qui nécessite notamment de puiser dans des ressources non renouvelables, et la consommation énergétique liée à leur usage représentent entre deux tiers et trois quarts de l’empreinte environnementale globale du numérique. « On constate une forte accélération du nombre d’équipements à partir de 2015, quand on a commencé à utiliser le numérique pour nos loisirs du quotidien », note Frédéric Bordage.

Deux équipements en particulier sont pointés du doigt : les télévisions et les objets connectés. Leur fabrication et utilisation pourraient représenter 43 % de l’impact global du numérique en 2025, projette l’étude. En cause, la taille des écrans qui est passée d’une diagonale moyenne de 31 pouces en 2010 à 65 pouces estimés en 2025 et leur nombre qui a doublé en 15 ans. Par ailleurs, les télévisions servent de plus en plus à binger des vidéos en ligne, qui représentent 80 % de la bande passante d'internet. 

La palme revient aux objets connectés qui se multiplient comme des petits pains. Leur nombre est passé de 1 milliard en 2010 à 48 milliards en 2025.

La performance énergétique en berne 

À cette hyper-croissance des équipements, s’ajoute un tarissement des performances énergétiques. « Jusqu’en 2015 environ, des sauts technologiques ont permis d’améliorer les performances des processeurs. Mais depuis l’efficience énergétique stagne », estime Frédéric Bordage. Le cabinet Green IT n’a pas pris en compte dans son étude une éventuelle nouvelle rupture technologique, l’informatique quantique par exemple, qui permettrait d’améliorer les performances.

Mutualiser les objets connectés

Pour tenter de diminuer l’impact du numérique, le cabinet suggère en premier lieu de freiner la fabrication des équipements en allongeant leur durée de vie et en mutualisant certains usages. « Nous avons un compteur Linky pour l'électricité, un compteur connecté Gazpar pour le gaz, un autre pour l’eau... On pourrait imaginer regrouper ces trois fonctions dans le même équipement », propose par exemple Frédéric Bordage.

Reste à convaincre les entreprises qui se ruent sur le marché de l’IoT estimé à 1 100 milliards de dollars en 2025 selon une étude de 2018. Limiter le renouvellement des équipements implique aussi de lutter contre certains modèles économiques bien ancrés, comme ceux des opérateurs mobiles qui incitent à changer de smartphone tous les deux ans.

Le numérique, une ressource non renouvelable 

Pour le cabinet Green IT, le numérique devrait être considéré comme une ressource critique et non renouvelable. « Certains métaux comme l’antimoine, nécessaire à la fabrication des équipements, seront épuisés d’ici quatre à douze ans. Il nous reste une ou deux générations avant la fin du numérique », se projette Frédéric Bordage. La question est, selon lui, de savoir si l’on souhaite utiliser ces dernières ressources pour agrandir nos écrans télé ou pour garantir « la résilience de l’humanité »…

Pour en savoir plus

> Dix gestes pour passer votre numérique au green (et améliorer vos performances)

> Les entreprises qui combattent la pollution numérique prouvent que c'est efficace

> Quatre gestes essentiels pour diminuer votre empreinte carbone numérique

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.