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Bitcoin : après la folie, où en est-on ?

Le 23 juin 2015

Après l'effervescence des premières années, le Bitcoin, devenu dans certains pays une monnaie officielle, a subi de lourds revers. Pour autant faut-il tourner le dos à ce nouveau système de paiement ? Athony Bleton, Président de Novius et PDG de Clubble, ne le pense pas. Il explique pourquoi.

 

Créé en février 2009, on fête donc ses 6 ans, le Bitcoin est un système de paiement en ligne dont l’intérêt principal est d'être totalement décentralisé et de pouvoir effectuer des transactions anonymes grâce à la cryptographie. C'est la crypto-monnaie qui, semble avoir le plus de succès parmi les 450 en circulation sur Internet. Du coup, il paraît intéressant de se demander s'il faut l'utiliser ou pas sur son site de vente en ligne. Mais au fait, comment va le bitcoin ?

Rappelons que ses premières années d'existence ont été très enthousiasmantes. Souvenez-vous, son cours a été multiplié par 30.000 en 4 ans, passant de quelques centimes en 2009 à plus de 800 euros en décembre 2013: les plus visionnaires pouvaient s'acheter un appartement avec quelques euros investis, ou plutôt joués, quelques années plus tôt ! Il faut dire que les annonces positives à son sujet s'étaient accumulées. Un des moments forts étant la crise Chypriote : on a assisté alors à une véritable ruée vers l'or lorsque les épargnants ont pris connaissance du plan de sauvetage de Chypre, qui comportait une taxe importante sur les comptes bancaires. Le bitcoin est alors devenu une valeur refuge, compte tenu de son anonymat.

La hausse de l’intérêt pour les bitcoins est venue de pays fragiles financièrement comme l'Islande, la Grèce ou l’Espagne où le risque de voir la mise en place d’une sorte de contrôle des capitaux a été le plus fort. Mais des pays solides ont également joué un rôle important : en août 2013, l'Allemagne lui donne le statut de monnaie officielle. La Suisse, à qui on peut faire confiance quand elle parle d'argent, a quant à elle adopté une politique de laissez-faire afin de permettre son développement.

Pourtant cette ascension fulgurante, cette bulle, a subi coup sur coup deux évènements qui l'ont stoppé net : le premier étant la fermeture en octobre 2013 du site internet SilkRoad, où il était possible d’acheter et de vendre de la cocaïne et de l'héroïne mais aussi des armes ou encore des « services de piratage » en toute impunité. SilkRoad aurait généré des ventes s’élevant à plus d'un milliard de dollars ! On découvrait alors ce qu'on avait pressenti : l'anonymat avait attiré toute la pègre internationale ! Deuxième coup de massue : l'affaire MtGox, dirigée par Marc Karpelès, un génie français au QI exceptionnel, qui gère alors 80 % des transactions de bitcoin. En février 2014, sur cette plateforme, 750.000 bitcoins, 440 millions de dollars, soit 6 % de la masse monétaire a littéralement disparu, mettant en lumière des failles de sécurité importantes du système. Du coup, un certain nombre de pays a pris des mesures pour interdire ces monnaies et pas des moindres, la Russie, l'Inde et la Chine. Mais on ne peut pas dire que ce soit les pays les plus épris de liberté...

Parallèlement, la fronde est venue également des mastodontes bancaires. Les cartes de crédit, par exemple, font tout pour freiner son développement : elles touchent 3 % des transactions. Bitcoin, c'est gratuit. Forcément ils n'aiment pas parce que ça bouscule l'ordre établi.  Les banques non plus n'aiment pas. Elles aussi sont totalement court-circuitées et elles ne touchent plus de commissions sur les transactions qui représentent pour elles 500 milliards de dollars par an. Donc forcément elles freinent ! ! Et puis certains économistes ont des doutes : Robert Shiller, prix Nobel d'économie 2013, prévoit même sa disparition.

Et pourtant, je prétends qu'il est temps de s'y mettre ! Le cours s'est stabilisé à 300 euros depuis quelques mois, on est entré dans une période plus calme. Du coup, un bon nombre de commerçants s'y mettent et les annonces se multiplient : Dell, Microsoft, Starbucks, Monoprix, eBay. Vous pouvez aussi faire des dons à Wikipédia ou à la fondation Mozilla. Ce ne sont pas des inconscients...

J'affirme qu'il y a au moins 3 avantages à accepter les bitcoins :

- Premièrement, des coûts de transactions très faibles, vous augmentez vos marges,
- Ensuite, une publicité presque gratuite auprès d'une certaine clientèle
- Et puis vous faites un pas dans le futur !

Comme partout ailleurs, il est difficile de faire disparaître une idée. Elle va donc continuer à progresser. Alors autant comprendre les règles du jeu. Mais vous ne les comprendrez qu'en jouant !

Athony Bleton Président de Novius et PDG de Clubble.

Rubrique créée en partenariat avec Novius.

(Crédit photo: Antana)

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