Portable prenant en photo un bébé

Nin-Nin, le nouveau réseau social qui traque la vie des bébés

Jamais une génération n’aura eu une empreinte numérique si foisonnante. La toute jeune appli française Nin-Nin qui permet de créer un mini réseau social privé autour de son enfant est un nouvel exemple de la foultitude d’applications et outils de tracking dédiés aux bébés. 

Certaines conversations de groupe sur WhatsApp, Messenger ou iMessage ont tendance à devenir de longues suites de photos de bébé pour peu qu’il y ait eu quelques naissances dans la famille. Elles ont désormais une appli dédiée. Baptisé « Nin-Nin » , ce réseau social spécial petite enfance a été lancé en avril par la marque de doudou made in France du même nom. 

Concrètement, cette appli permet de créer un « feed » (fil d’actualité) uniquement au sujet de l’enfant (né ou à naître). Elle regroupe des vidéos et photos, mais aussi le « e-portrait » de l’enfant, c’est-à-dire ses informations médicales – son groupe sanguin, son poids, sa taille, d’éventuelles allergies à un médicament ou un aliment, les coordonnées du médecin traitant. Les photos peuvent également être classées par moment clé : anniversaire, émotions… 

« Réseau social privé »

« L’idée m’est venue lorsque je me suis séparé de la mère de mon enfant, et que j’ai eu le besoin de communiquer souvent avec elle au sujet de notre fils. Je me suis ensuite dit que ce carnet de liaison pourrait servir à d’autres parents, séparés ou non » , explique Nicolas Courrège, cofondateur de Nin-Nin. Avec 700 000 naissances par an en France, il estime que le marché est large. Le compte de l’enfant peut d’ailleurs être créé dès l’annonce de la grossesse aux proches, comme le suggère la vidéo de présentation de l’application

Nicolas Courrège présente son appli comme « un réseau social familial et privé » , puisque le « compte » de l’enfant n’est accessible qu’aux personnes ayant reçu une invitation. La personne à l’origine du compte accorde ensuite des droits (le droit de commenter une publication ou de publier une photo) à chaque membre du groupe : les grands-parents, oncles, tantes, nounou... Quoi de plus qu’un groupe WhatsApp ? Les photos sont davantage organisées, précise le dirigeant. L’appli se veut aussi plus ergonomique et « sympathique » qu’une messagerie. 

Empreinte numérique de l’enfant 

Nicolas Courrège imagine aussi ce profil comme une boîte à souvenirs que l’enfant pourra ouvrir des années plus tard. « C’est une trace de lui-même. Un peu comme son doudou d’enfance » , compare-t-il. 

Nin-Nin est pour le moment complètement gratuite. Pour générer des revenus, le créateur envisage de nouer certains partenariats avec des services liés à la parentalité (location de livres, impression d’albums photos par exemple), mais aussi d’ajouter de nouvelles fonctionnalités payantes. Lors de l’inscription, l’appli précise collecter des données personnelles. Nicolas Courrège assure que l’entreprise n’a pas accès aux photos ni aux vidéos ni aux commentaires publiés, et que les données récoltées ne sont utilisées que pour le bon fonctionnement de l’application (mesure d’audience notamment). 

Les baby tech en plein boom 

L’appli française est loin d’être la seule sur le créneau des applis et tech dédiées aux bébés. Aux États-Unis, où ce marché est florissant, les baby tech auraient levé 491 millions de dollars en 2021, un montant multiplié par 2,7 par rapport à 2020, rapporte le média Axios. Le marché aurait été particulièrement dynamisé par la pandémie, et le sentiment de solitude de nombreux parents qui se sont donc tournés vers… les applis. 

Certaines sont davantage spécialisées dans le sommeil comme Huckleberry, utilisée par 1,2 million de familles, qui suit de près l’emploi du temps de votre bébé (heure de sieste, des repas…) afin de prédire les meilleurs moments pour le faire dormir. D’autres comme Glow Baby, s’intéressent à leur développement psychomoteur en trackant le premier sourire, les premiers pas… Une fonctionnalité payante permet de comparer ses résultats aux autres utilisateurs. Rassurer les parents (ou nourrir leurs inquiétudes, on hésite) ? Il y a désormais mille apps pour ça. 

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