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Une femme seule et heureuse qui boit un jus d'orange
© Vladimir Vladimirov via GettyImages

Être heureux sans être en couple ? La tendance du célibat positif s'affirme

Le 6 nov. 2019

En 2019, le bonheur n’a plus besoin du couple pour exister.

Alors que la société est toujours réglée sur le mode « travail-mariage-bébés », de plus en plus de voix s’élèvent pour défendre une autre voie : celle d’être heureux ou heureuse tout en étant célibataire.

Comme Brigitte Bardot sur sa Harley-Davidson, les millennials – et même leurs aînés – n’hésitent plus à clamer haut et fort qu’ils n’ont besoin de personne. Dernière en date, l’actrice et militante féministe Emma Watson. Dans une interview à Vogue, l’interprète d’Hermione Granger dans la saga Harry Potter a déclaré qu’elle était parfaitement heureuse sans être en couple. Celle qui raconte avoir eu des angoisses à l’idée de passer le cap de la trentaine sans mariage ni enfant en vue a même décidé d’inventer un nouveau mot pour définir son statut. Plutôt que de célibat, l’actrice préfère donc parler d’« auto-concubinage » ( self-partenered, en anglais).

La fin du mythe de la vieille fille ?

Exit Bridget Jones, figure ultime de la trentenaire célibataire malheureuse. Un tournant que l'application de rencontres Tinder avait déjà pris. Intitulée « Single Not Sorry », la dernière campagne de la marque dépoussiérait l’image du célibat et célébrait la liberté. Les 4 visuels représentaient majoritairement des femmes. Logique, ce sont elles qui subissent le plus cette pression d’être en couple et de fonder une famille.

Pourtant, d’après Paul Dolan, professeur de sciences comportementales à la London School of Economics, les femmes n’auraient pas intérêt à se marier. En utilisant les données de l'American Time Use Survey, il montre que le statut marital profite surtout aux hommes. En revanche, les femmes célibataires et sans enfant seraient plus heureuses que celles qui ont choisi de se faire passer la bague au doigt.

Être célibataire, ce n’est pas chercher l’amour.

Emma Watson – et toutes les autres – aurait ainsi raison de préférer la vie solo. Mais en décidant de se définir comme « auto-partenaire » plutôt que célibataire, l’actrice montre qu’être seule n’est pas synonyme de « à la recherche de l’amour ». Bien au contraire.

Tendance du développement personnel oblige, le « célibat positif » est avant tout un moyen de développer et entretenir une relation positive avec soi-même. Sans pour autant aller jusqu’à la sologamie et l’autosexualité. Les célibataires heureuses revendiquent simplement de ne pas ressentir le besoin d’être complétées par qui que ce soit – une vision des choses a contre-courant de la société depuis l'époque de Platon et son mythe de l’androgyne. Il serait donc temps de passer de l’idée de « célibataire mais heureux » à celle de « célibataire et heureux ». Comme Tinder, certaines marques ont déjà pris la mesure de la tendance. En Chine, Alibaba a d'ailleurs transformé la « Fête des célibataires » en l'équivalent du Black Friday, générant des milliards de dollars en quelques heures. Cette année, Carrefour a donc aussi décidé de miser sur les célibataires et organisera son opération Single Days le 11 novembre. Être seul ça rend heureux, et ça rapporte aux marques, donc.

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