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Greta Thunberg à la Une du TIME

Greta Thunberg est « Person of the year » du TIME, et ça énerve Twitter

Le 12 déc. 2019

Coup dur pour les anti-Greta. L'adolescente suédoise qui a lancé le mouvement mondial #FridaysForFuture a été choisie par le TIME comme « personnalité de l'année 2019 ».

En 1988, le TIME désignait « la Terre en danger » comme personnalité de l’année. En 2019, la Terre est toujours en péril et c’est à celle qui veut la sauver que revient ce titre. À seulement 16 ans, Greta Thunberg devient la plus jeune personne choisie par le célèbre magazine américain. Évidemment, sur Twitter, les réactions ne se sont pas fait attendre. Et le choix du TIME est loin de faire l’unanimité.

Une personnalité de l’année qui dérange

D’après les chiffres de Visibrain, la nomination de Greta Thunberg comme Person of the Year a engendré 347 950 tweets en moins de 24h. Les supporters de la Suédoise ont évidemment salué ce choix. En revanche, 15 % des tweets publiés sont clairement contre ce choix. Et les critiques sont particulièrement acerbes. Un des 10 tweets les plus likés accuse, par exemple, Greta Thunberg d’être une « sale gosse sans expérience utilisée pour servir ceux qui veulent propager la peur. »

D’autres commentateurs préfèrent réduire ses actions à « sécher les cours et piquer une grosse colère. » Au vu de certaines réactions qui n’hésitent pas à comparer une adolescente à Hitler, Staline ou l’ayatollah Khomeini, eux-aussi nommés Person of the Year, il n’est pas inutile de rappeler que ce titre n’est ni une récompense, ni une distinction. Qu’à cela ne tienne, les critiques pleuvent sur la jeune suédoise.

ll faut dire qu’en tant que femme, neuro-atypique et jeune, Greta Thunberg détonne avec les précédentes personnalités choisies par le TIME – très souvent des hommes blancs aux cheveux de la même couleur. Outre son combat écologique, Greta Thunberg est surtout le symbole d’un monde qui change.

L’incarnation d’un fossé générationnel qui se creuse

Pour comprendre ce qui énerve chez la militante suédoise, il faut peut-être chercher du côté de l’édito d’Edward Felsenthal. Comme chaque année, le rédacteur en chef du TIME, explique le choix du magazine. On a bien sûr droit au résumé express de l’ascension de Greta Thunberg et de ses accomplissements – objectivement impressionnants. Edward Felsenthal nous rappelle également le jeune âge de la militante. Mais au détour d’une petite phrase, le rédacteur en chef effleure un autre sujet, celui d’un « fossé générationnel toujours plus grand qu’on observe partout dans le monde, des campus Hongkongais au Congrès américain » et dont Greta Thunberg est l’« avatar ». En juillet 2019, Sandrine Rousseau, ex porte-parole d’Europe Écologie Les Verts, déclarait à 20 Minutes que la jeune activiste était « haïe parce qu’elle renvoie chacun à son inaction et à sa propre incompétence. » Dans le Financial Times, Robert Shrimsley écrivait en octobre 2019 que Greta Thunberg, une enfant, « culpabilisait les adultes à l’échelle planétaire. » Désormais Person of the year, l’adolescente se retrouve à incarner la limite entre le nouveau et l’ancien monde.

Pour l’instant, nous sommes toujours dans un monde où les ados sont critiqués, qu’ils restent collés à leur smartphone ou qu’ils se démènent pour les causes qui leur tiennent à cœur. Et tout de suite, on comprend mieux l’utilité du mème OK Boomer.

Alice Huot - Le 12 déc. 2019
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