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Deux personnes dans un lit
© Dean Mitchell via GettyImages

Confinement : le sex-boom ne dit pas forcément baby-boom

Le 7 avr. 2020

On l’a vu ailleurs, c’est vrai partout : en confinement, nos usages sexo explosent. Mais ce n’est pas le signe d’une explosion de naissances à suivre.

Un sex-boom avéré...

Il est un secteur qui ne connaît pas la crise : l’industrie du sexe. La consommation de sites pornographiques a augmenté de 50%, selon le secrétaire d'Etat chargé du Numérique. Le commerce de jouets pour adultes a, lui aussi, vu ses ventes exploser. Les individus cherchent un moyen de lutter contre l’ennui et le sexe, qu’il se pratique en solo ou à plusieurs, semble être une réponse satisfaisante.

Certains fabricants de vibromasseurs en ont même fait un argument publicitaire, comme Secret Pleasure. « Profitez du stade 3 pour mettre du piment dans vos vies ». Lelo, une marque suédoise de jouets sexuels de luxe, a déclaré avoir vu ses ventes augmenter de 40%. Ann Summers, un détaillant de jouets sexuels et de lingerie, a observé une augmentation de 27% des ventes de ses godemichets, par rapport à la même période l'an dernier.

« Comme de nombreux individus confinés ne travaillent pas, ne se déplacent pas et ne sociabilisent pas, il est naturel qu’ils utilisent ce temps libre pour avoir des rapports sexuels », explique Helen Fisher, chercheuse au Kinsey Institute, dans un article de Wired.

un improbable baby-boom…

Même si par le passé les périodes de guerre ont entraîné une augmentation du taux de natalité – enregistrée dans la plupart des pays développés entre 1940 et 1960 – le professeur à l’Université Complutense de Madrid David Reher ne prédit pas un baby-boom. « Désormais, c’est une fois les périodes de crise exceptionnelles passées, qu’une augmentation des conceptions peut éventuellement être constatée », déclare-t-il.

D’ailleurs, les ventes de préservatifs ont doublé en l'espace d'une semaine seulement. UK Meds, une pharmacie en ligne basée à Nottingham, a signalé une augmentation de 23% des commandes de la pilule du lendemain. Les relations sexuelles se multiplient, mais plutôt pour se faire plaisir que pour procréer, donc. On dit aussi bye bye aux plans sans lendemain ou aux flirts d’un soir. « Pendant ce confinement, les seules personnes qui auront des rapports sexuels sont théoriquement celles qui s'isolent avec leurs partenaires de longue date, ce qui réduit le nombre de personnes ayant des rapports sexuels en général », conclut David Reher.

… vers un possible divorce boom ?

Autre conséquence du confinement : l'infidélité en ligne aurait fortement augmenté. Le site de rencontres extra-conjugales Gleeden a enregistré une hausse de son trafic de 270% par rapport au mois de mars de 2019 et totalise par ailleurs 170% de nouveaux inscrits en plus. Un confinement qui pourrait se solder par un divorce pour de nombreux couples comme le confie le sociologue Serge Guérin au Télégramme. « Là, l’espoir n’est pas devant. Les gens ne vont pas se dire que ça va être merveilleux. Actuellement, ils sont confinés et ce, peut-être, pendant quatre, cinq ou six semaines. Cette proximité pourra être difficile, notamment au sein de couples qui, parfois, restent ensemble par habitude. Et là, cette habitude peut devenir insupportable », explique-t-il.

La chercheuse spécialisée en sexe Helen Fisher a toutefois un avis plus nuancé. Selon elle, le confinement n’aura pas de conséquences spécifiques sur le nombre de naissances à prévoir dans neuf mois, mais pourra avoir des effets plus larges sur les relations. Une ruée vers le mariage ou le divorce devrait être constatée dans un avenir proche. « Tout type de catastrophe nous oriente vers la prochaine étape de notre relation, dit-elle. Qu’elle soit une rupture ou une solidification des liens amoureux ».

Anaïs Farrugia - Le 7 avr. 2020
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