Advertisement
premium2Advertisement
premium1
premium1
billet dollar américain avec un masque
© Diy13 via Getty Images

Avant de sauver le monde, les jeunes vont d'abord devoir surmonter la crise

L'ADN
Le 27 mai 2020

Dans un monde pétri de crises économiques, sociales, sanitaires et environnementales, la Gen Z pourrait revenir à des besoins plus essentiels. Comme la relance économique et le marché de l’emploi, par exemple.

« Quand mes étudiants en première année à l’université fêteront leurs 25 ans, ils auront vécu deux grandes crises financières et une pandémie mondiale. C’est déjà pas mal », écrit l’universitaire et professeur de politique Matthew Goodwin dans un article paru le 20 mai 2020 sur Courrier International

Il y évoque des prédictions plutôt sombres quant à l’avenir des jeunes générations, en particulier des individus « nés entre 1996 et 2015 » qui devront grandir et entrer sur le marché du travail dans un contexte fait « de chocs économiques et de stagnation. »

Une triple crise à gérer

Pour cette génération, l’après-covid ne sera pas de tout repos. Et même s’il faudra attendre quelques années avant d’évaluer les retombées réelles de la pandémie, l’auteur estime que les jeunes de moins de 25 ans vont devoir gérer une « triple crise » : politique, économique et sanitaire.

À la différence des boomers qui avaient pu s’éloigner des craintes financières et du  quotidien de leurs parents (lesquels avaient eux-même subi deux guerres mondiales), les nouvelles générations vont devoir faire face à une forme d’ébranlement plus globale.

« Les boomers ont bénéficié de meilleures conditions de vie que la génération de leurs parents, ce n’est pas le cas des milléniaux et des zoomers, dont la situation stagne, explique Matthew Goodwin. Et le Covid-19 ne va probablement rien arranger, puisqu’ils accorderont plus d’importance à leur santé économique mais aussi, à un niveau encore plus fondamental, à leur santé physique. »

Si les milléniaux et les zoomers se retrouvent en bas de l’échelle, à devoir satisfaire leurs besoins essentiels, peut-être vont-ils ressusciter les vieux débats sur la redistribution économique, l’emploi, la fiscalité et les inégalités ?

Les jeunes générations ne sauveront pas le monde tout de suite

Observant un retour à des besoins « plus essentiels », l’auteur semble alors douter de la capacité des jeunes générations à se préoccuper de luttes plus vertueuses comme la lutte contre le changement climatique ou la défense des droits des minorités, bien que ces causes leur tiennent à coeur. 

Paradoxalement, peut-être s’en remettront-elles à l’Etat, en dépit de la défiance que les personnalités politiques et le système démocratique leur inspirent. « Les zoomers, du moins, me semble-t-il, n’auront rien contre un gouvernement fort et interventionniste, surtout s’il prend davantage position contre le réchauffement climatique et les inégalités liées au capitalisme.» 

Encore plus paradoxal, l’intérêt pour la politique et le vote démocratique devrait s’étioler davantage, estime l’auteur.

« Aux yeux de la génération Z, les dirigeants politiques ont montré leurs limites en étant incapable de gérer une succession de crises : la grande récession, la crise des réfugiés, l’épidémie de Covid-19 et, plus important encore pour cette génération, le changement climatique. 

Cette fois c'est sûr, les années à venir seront... paradoxales.

L'ADN - Le 27 mai 2020
À lire aussi
premium2
premium1

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.