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jim carrey tapant sur un clavier
© Bruce Tout Puissant

Ça y est, les GIFs ont définitivement envahi l’open space

Le 14 janv. 2020

Longtemps relégués à la sphère privée, les GIFs se sont faufilés dans nos conversations de bureau. Un glissement des usages qui traduit davantage de convivialité sur le lieu de travail, mais aussi une tendance à se dire les choses avec moins de franchise.

Il y a d’abord votre boss qui lève son verre à votre dernière prouesse pro avec un GIF de Leonardo, ce collègue qui exprime sa profonde lassitude avec une expression de Steve Carell ou encore votre manageuse, qui fête son pot de départ et rend hommage à son équipe avec une sortie de scène signée... Mariah Carey. Initialement réservés aux échanges privées, les GIFs ont définitivement envahi nos discussions de bureau.

Et le constat se lit aussi dans les chiffres. Selon le réseau social d’entreprise Talkspirit qui a analysé l’utilisation de sa plateforme chez 500 entreprises clientes fin 2019, on envoie en moyenne 69 % de GIFs en plus qu’en 2018 au bureau. De même, +120 % de GIFs ont été envoyés sur la plateforme en 2019 en comparaison avec l’année 2018. De quoi contenter les grandes banques d’images GIF, Giphy et Tenor, qui attirent respectivement 300 et 330 millions d’utilisateurs par jour.

Transmettre des émotions... sans trop s'engager

« On a souvent tendance à dire qu’une image vaut mille mots. Pour le GIF, c’est pareil, explique Benoît Renoul, Chief Marketing Officer de Talkspirit. Dans un cadre professionnel, il peut s’avérer utile lorsque l’on cherche à exprimer une émotion, à transmettre un message un peu chargé sans froisser son interlocuteur. La prise de risque est moins forte. » Dans un environnement où les émotions ne sont que peu tolérées, le GIF permettrait alors d’exprimer un ressenti ou un affect auprès de sa hiérarchie ou dans un e-mail par exemple, tout en atténuant son effet.

Entre collègues et sur les plateformes de messageries instantanées en revanche, on utilisera le GIF de manière plus traditionnelle : pour se détendre et faire rire. « Et cela ne rend pas les gens moins productifs, poursuit Benoît Renoul. Le fun peut heurter ou surprendre le management traditionnel, mais la réalité économique n’est pas du tout affectée par cet usage. » Il fait notamment référence à une étude sur la notion d’engagement de l’Institut Gallup, laquelle établit un lien entre convivialité, bien-être et productivité.

Un glissement de la vie perso à la vie pro

Selon Benoît Renoul, ce sont surtout les jeunes recrues, issues des générations Y et Z, qui en utilisent le plus, autant dans leur vie personnelle que professionnelle. Beaucoup de formes d’expression glissent dans la sphère professionnelle. On l’avait déjà perçu avec les SMS, puis avec les chats instantanés », analyse-t-il.

De plus en plus poreuses, les frontières entre vie pro et vie perso peuvent alors mener à plus d’ambiguïté dans les relations. Mais n’est-ce pas là le lot de l’époque ? « Il ne faut pas oublier que c’est nous qui avons apporté la vie personnelle au bureau ! C’est nous qui avons choisi de prendre nos téléphones portables sur notre lieu de travail, rappelle Laëtitia Vitaud, spécialiste des nouvelles organisations du travail. Plus tard, l’apparition des réseaux sociaux a renforcé ce phénomène. Les boîtes ont eu beau les interdire, les gens les consultaient sur leurs smartphones. Aujourd’hui elles s’adaptent, sont plus réalistes. »

Margaux Dussert - Le 14 janv. 2020
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