plusieurs chiens de Dogami

La folie Dogami : le métavers des chiens qui peut vous faire gagner de l’argent

© Dogami

À mi-chemin entre Pokemon et Tamagotchi, Dogami se présente comme un « petavers » qui peut vous faire gagner de l'argent. À condition d'élever correctement vote chien virtuel. Zoom sur cette entreprise française.

Ils sont petits, ils sont mignons et ils ont le gros avantage de ne pas faire pipi sur le tapis de votre salon. Ce sont les « Dogami ». À la croisée des Tamagotchis et des Pokémons, ce nouveau jeu virtuel basé sur la blockchain vous métamorphose en éleveur et dresseur de chiots en 3D. Si vous l’élevez en bon manager, votre petite bête virtuelle peut même vous rapporter de l’argent. Disponible dès janvier sur Google Play et l'app Store, votre « e-chiot », si l’on peut dire, pourra évoluer dans le « petavers », contraction de « pet », animal de compagnie, et de métavers, ce nouvel univers virtuel. Il pourra interagir avec d’autres de ses congénères et relever des défis, on line et IRL, à la manière de Pokemon Go.

Votre animal de compagnie pour quelques Tezos

Avant de pouvoir papouiller votre petite bête en 3D, il faudra d’abord débourser 150 DOGAs, la cryptomonnaie du jeu, soit environ 205 €, à l’heure où nous écrivons cet article. Pour les non-initiés, ce prix peut paraître élevé, mais, sur le marché du gaming, cette somme équivaut à trois jeux sur PS5. Un prix plutôt raisonnable, donc, selon les connaisseurs. D’autant que Dogami se revendique « Play-to-Earn »  : vous pouvez aussi y gagner de l’argent. Votre chiot est un NFT, il est inscrit dans la blockchain, il a donc une valeur (nous y reviendrons).

Ce n’est pas la première fois qu’un fabricant de jeux vidéo s’intéresse aux chiens. Nintendogs, en son temps, proposait d’élever un chiot sur Nintendo DS. Le titre avait fait un carton, se plaçant même à la 13ème place de l’histoire du fabricant. Plus récemment, les CryptoKitties, de petits chats virtuels à élever, ont fait parler d’eux et ont permis à certains de gagner l’argent. Le youtubeur Hasheur nous racontait déjà en 2021 comment il avait saisi l’opportunité. Toutefois, si ces drôles de chats pouvaient espérer faire gagner quelques centaines d’euros à leurs propriétaires, les Dogami rares peuvent rapporter jusqu’à 50 000 €.   

Un sweat Gap pour ton chien

Depuis son lancement, ce métavers dédié aux chiens virtuels fait un carton et a rassemblé une communauté de 250 000 personnes partout dans le monde, principalement sur Twitter et Discord, et 14 000 inscrits sur la plateforme (au moment où cet article est rédigé). L’entreprise en est à sa deuxième fournée de chiots. Elle compte 15 races disponibles, pour le moment, dont les Akita Inu, les Chow-Chow ou le Loulou de Poméranie. À terme, 350 races sont attendues. La société a déjà vendu (ou « minté » ) 8 000 chiots auprès d’un public très large dont la moitié est propriétaire d’un toutou IRL. Dogami attire aussi les GenZ et Y, pour un tiers féminin, chose rare dans le jeu vidéo. Une manne pour les enseignes avides de rajeunir leur cible. Comme Gap. En partenariat avec Dogami, la marque a lancé une collection capsule de 3 pièces pour habiller son chien : sweat virtuel à se mettre sur le dos ou le plus joli bob à enfoncer sur ses oreilles. La collection s’est écoulée en quatre heures le 27 juillet dernier. Wouaf else

Derrière ce succès se cache une équipe de choc composée de pointures. Max Stoeckl, le CEO est un ancien du cabinet international de conseil en stratégie Boston Consulting Group. Au poste de directeur de l’innovation (CTO), on retrouve Bilal El Alamy, issu du monde de la blockchain. Il est également fondateur de PyraTzLabs, un lieu dédié au développement de projets web 3. Adrien Magdelaine (COO, ex Wamiz) est expert sur la partie communauté. Kristofer D. Penseyres, du monde de la marque (CBO, ex-Sony Pictures), vient compléter la team. Pas étonnant que l’idée ait tapé dans l'œil des investisseurs. Dogami a levé 6 millions d’euros fin 2021 auprès du géant du jeu vidéo Ubisoft, XAnge, Animoca Brands et The Sandbox. Pour répondre aux besoins technologiques de ce jeu vidéo de grande ampleur, l’équipe compte une quarantaine de personnes basée, pour 90%, à Paris et en province. Les profils sont artistiques (3D artistes), mais aussi très techniques pour imaginer chaque chiot, le faire grandir et l’imaginer dans toutes les situations de jeu. En plus de l’équipe, Dogami collabore avec l’écrivain Bryan J. L. Glass, auteur, entre autres, de comics pour Marvel.

Un scénario au poil

Pour créer de la valeur, le système tire habilement les ficelles du désir et de la rareté. Outre la valeur du chiot, « il existe plusieurs manières de gagner de l’argent avec ce jeu, explique Kristofer. Avec un investissement initial d’un peu plus d’une centaine d’euros, vous allez pouvoir récupérer votre mise ou l’augmenter. » Mais attention, pour gagner, il va falloir bosser. Et le jeu a pensé à tout. « Il va falloir vous en occuper tous les jours, précise Adrien. Votre chiot ne peut pas mourir, mais ses qualités peuvent stagner. » Un moyen aussi de vous faire revenir. S’il se développe bien, votre petite bête vous rapporte des « dogas », la monnaie du jeu, que vous pouvez utiliser pour lui acheter des consommables comme des croquettes par exemple. « Au bout de cinq semaines, votre chiot devient adulte. Il peut accéder à de nouveaux jeux ». Vous pouvez aussi tout simplement toucher de l’argent sonnant et trébuchant via une transaction en bitcoins ou ethers. Ce qui veut aussi dire que vous pouvez racheter un Dogami, même si vous ne faites pas partie de la communauté. Les plus rares, et donc ceux qui se vendent le plus cher, sont les diamants. Leur prix peut atteindre entre 38 000 dollars ». Une fois votre chiot adulte, il accède au « breeding », l’accouplement. « Vous allez aussi pouvoir faire des portées, et vendre vos chiots. Mais, comme pour les chiens de chair et d’os, ça ne sera pas tout le temps : il faudra attendre la saison des amours. Pour le moment, seules les races peuvent se reproduire entre elles. Mais, dès que le développement le permettra, on pourra aussi mélanger les races et faire des Labradoodle ». Pour rappel, ce chien existe déjà. Il résulte du croisement d’un Labrador Retriever et d’un Caniche. 

Dogami a généré un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros l’année dernière et prévoit le double pour cette année. « C’est rémunérateur, mais la rentabilité n’est pas atteinte. On se donne deux à trois ans pour l’atteindre. »

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commentaires

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  1. Anonyme dit :

    La créativité et l’esprit innovateur de cette équipe est exemplaire. Bravo 🍾

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