Nouvelles techno : on les aime toujours... mais maintenant on flippe

Ils ont bien conscience de la face sombre des nouvelles techno, mais ils ne sauraient pas s'en passer ! BETC analyse les attentes, les peurs et les espérances des prosumers.

La série Black Mirror dépeint un futur dans lequel la technologie occupe une place centrale. Si le monde que l’on connait n’a pas encore rattrapé cette fiction dystopique, il s’en rapproche sûrement : l’ère du numérique et des algorithmes est plus qu’amorcée.

BETC et son étude iLife se sont penchés sur les usages des données, l’omniprésence des réseaux sociaux ou encore le développement de l’intelligence artificielle.

Plus de 12 000 prosumers (ou prosommateurs) ont été interrogés. Ce terme contracte le mot consommateur et professionnel ou producteurs, qui ont la particularité de participer d'une manière ou d'une autre au concept et/ou au développement d'un produit ou d'un service. Leurs comportements d’achat sont, en moyenne, 6 à 18 mois en avance sur les autres consommateurs, et ils possèdent également une certaine influence sur les tendances mainstream.

Les réseaux sociaux : un vecteur d'unité et un obstacle au dialogue

Durant le printemps arabe ou les mouvements #blacklivesmatter et #metoo, les réseaux sociaux ont joué un rôle primordial : ils ont permis de fédérer et de soutenir des dynamiques collectives.
71 %
Pour 71% des prosumers, les plateformes sociales sont de véritables moyens d’empowerement.
78 %
D’après 78% des sondés, ils permettent également d’influencer, d’être vecteur de changement.
Malgré des exemples historiques, tout n’est pas tout rose pour Facebook et ses homologues. Les réseaux auraient contribué à créer des bulles, des castes.
42 %
42% des personnes interrogées considèrent que les réseaux sociaux tendent à confirmer les opinions plutôt qu’à les confronter en laissant place au débat.
52 %
Ce phénomène est loin d’être rassurant puisque ces mêmes plateformes sont la source d’information principale de 52% des sondés.
Face à la propagation des fake news, Mark Zuckerberg a annoncé faire du problème sa priorité. Autre conséquence, les médias traditionnels jugés plus fiables ont vu leurs chiffres grimper : depuis l’élection de Donald Trump, les abonnements au New York Times ont par exemple explosé.

L’image de soi et la confiance sont aussi impactées par les réseaux sociaux :

21% des prosumers dans le monde et 39% des millennials américains se sentent déprimés quand ils comparent la vie à celles de leurs amis en ligne.

De plus, l’image numérique tend à prendre une place plus importante que l’image renvoyée IRL. 40% des millennials américains préfèrent par exemple leur profil connecté.

L'insécurité des données

Pour le plus grand nombre, il est indéniable que la data peut simplifier le quotidien :
80 %
8 prosumers sur 10 aimeraient voir la possibilité de géolocaliser leurs enfants à tout moment de la journée grâce à leur smartphone.
46 %
46% des sondés souhaiteraient que leur réfrigirateur puisse commander automatiquement les produits manquants et les fasse livrer.
Si la data ne dérange pas les utilisateurs quand il s’agit d’utilité ou d’informations sur une tierce personnes, les réponses sont bien différentes lorsqu’on parle d’eux ; 38% seulement des individus interrogés voudraient que leurs proches aient la possibilité de savoir où ils se trouvent. 1/3 d’entre eux seraient également d’accord pour que les marques anticipent leurs achats.

Évidemment, l’épineuse question de la vie privée a été abordée. Le constat est sans appel :

78 %
Les objets connectés pourraient entrainer des surveillances illicites selon 78% des prosumers. Ils sont aussi nombreux à s’inquiéter de futurs piratages.
68 %
La grande majorité est inquiète de l’utilisation de leurs données par les entreprises (80%). Pire, 68% des sondés s’accordent à dire que, dans le futur, personne ne pourra sécuriser ses données.

Intelligence Artificielle, entre Her et Terminator

Si elle se généralise, l’intelligence artificielle n’est entrée que récemment dans le quotidien du plus grand nombre. En matière d’anticipation, les avis sont divisés, même Stephen Hawking, Elon Musk et Mark Zuckerberg imaginent des futurs bien distincts.

L’étude révèle des résultats similaires puisqu’un peu plus de la moitié des millennials (56%) pensent que l’IA sera bénéfique pour l’humanité.

Chez les prosumers, les dissensions sont les mêmes :

22 %
22% imaginent que l'I.A. mènera à un asservissement de l’homme. Surprise.
Les machines semblent poser trois problèmes à la population : leur utilisation mènerait l’humanité à la paresse, elles seraient une menace pour la survie de l’homme et, enfin, elles seraient vectrices de chômage.

D’après 61% des prosumers, l’intégration de l’intelligence artificielle et des robots dans nos vies rendra l’homme et la femme fainéants et passifs face à leur existence. 56% d’entre eux craignent aussi que l’être humain ne perde toute faculté à résoudre des problèmes.

Dans la catégorie des fatalistes et des robots tueurs, les individus craignant que l’IA ne prenne contrôle de l’humanité sont relativement peu nombreux (22%). La grande peur vient en grande partie de l’utilisation de cet outil par l’Homme lui-même : 44% des sondés redoutent que l’Homme puisse détruire la planète au cours d’une guerre robotisée.

Sur la question de l’emploi, les statistiques mondiales sont assez équivalentes : 39% pensent que l’IA est destructrice d’emplois, 37% ont un avis totalement opposé.

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