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Des manifestants pour le climat
© jacoblund via GettyImages

Défendre l'environnement tue !

Le 4 sept. 2020

Ils nous alertent, ils se battent pour leurs convictions et parfois en payent le prix fort. 212 activistes environnementaux ont été tués l'année dernière à cause de leurs engagements.

Défendre l’environnement tue ! C’est le résultat glaçant de l’enquête de Global Witness qui révèle que 212 activistes environnementaux ont été tués au cours de l’année 2019, soit un peu plus de quatre par semaine. Du jamais vu, d’après l’ONG britannique qui a publié son rapport annuel Defending Tomorrow. Le précédent record avait été établi en 2017, quand 207 défenseurs de l’environnement avaient perdu la vie. Des chiffres qui font froid dans le dos, signes d’une accélération des tensions.

L’étude de Global Witness nous éclaire également sur les secteurs les plus dangereux pour ceux qui tentent de défendre leurs terres et la Terre. 71 disparitions d’activistes ne peuvent pas être reliées à un secteur d’activité en particulier. Parmi celles qui le peuvent, l’industrie minière remporte la palme du secteur le plus meurtrier. Elle est suivie de l’industrie agro-alimentaire puis de l’exploitation du bois. Cette dernière est également sacrée industrie avec la plus forte progression d’activistes tués.

Les secteurs les plus dangereux pour les activistes environnementaux selon Global Witness

  1. Activités minières et d’extraction – 50 morts
  2. Industrie agro-alimentaire – 34 morts
  3. Exploitation du bois – 24 morts
  4. Cultures de substitution illégales – 14 morts
  5. Réforme agraire – 11 morts
  6. Braconnage – 4 morts
  7. Pêche – 1 mort

Des risques inégaux selon les régions du monde

Au sommet de ce triste classement, deux pays concentrent la moitié des assassinats enregistrés : la Colombie (64 morts) et les Philippines (43). L’ONG note également que 2/3 des disparitions d’activistes ont lieu en Amérique Latine. À elle-seule, la région de l’Amazonie cumule 33 activistes environnementaux décédés à cause de leur engagement.

L’Europe reste le continent le moins touché par les meurtres de défenseurs de l’environnement. En revanche, le rapport de Global Witness dénonce d’autres méthodes utilisées à leur encontre : campagnes de dénigrement, criminalisation de leurs activités, intimidation… La mort demeure la forme ultime de censure mais c’est loin d’être le seul danger encouru par ceux qui se battent pour leurs convictions écologiques.

Et c’est peut-être pire qu’on ne le croit

L’ONG Global Witness note que les chiffres avancés dans l’étude ont toutes les chances d’être sous-estimés. L’étude fait ainsi état de difficultés en termes d'accès aux données, notamment dans les zones de guerre où les activistes sont particulièrement vulnérables et dans celles où la liberté de la presse est mise à mal. En plein cœur d’une pandémie dont les racines sont liées à la destruction de l’environnement, les chiffres de Global Witness nous rappellent plus que jamais qu'il y a urgence.

Alice Huot - Le 4 sept. 2020
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