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Les romans queer et LGBT, nouvelles stars des librairies américaines

D’après le New York Times, les ventes de romans queer ont explosé, avec des titres provenant des plus gros noms de l’édition aux États-Unis. 

Depuis plusieurs années maintenant, la littérature LGBTQ passe souvent sous les radars, amenant les auteurs à passer par l’autopublication ou les blogs spécifiques pour se faire connaître, à défaut d’attirer l’intérêt des maisons d’édition. Mais les choses sont en train de changer. D’après un article du New York Times, les romans LGBTQ gagnent leur place sur les étagères les plus visibles des libraires indépendants, et sont même distribués dans les grandes surfaces comme Walmart. Effet de mode ou véritable tendance ? Décryptage.

D’un phénomène de niche au mainstream, il n’y a qu’un pas ?

Autant répondre tout de suite à ce titre, non. En effet, ce type de roman a souvent été relégué à des places de seconde zone, n’offrant aux personnages LGBTQ qu’une place minime dans l’imaginaire littéraire contemporain. En ce sens, le New York Times rappelle un vieil adage couramment employé par les auteurs de ces fictions : « Bury your gays » , littéralement « enterre tes homos » , pour ironiser sur l'acceptation et la place de cette littérature dans les points de vente. Mais aujourd’hui, les choses sont en train de changer. Grâce à l’élan « BookTok » , ou la popularité d'influenceurs littéraires d’un nouveau genre sur les réseaux comme TikTok, de nombreuses fictions ont vu leur nombre de ventes exploser. Quand l’auteure Casey McQuiston publiait Red, White & Royal Blue, déclamant l'histoire d’amour fictive entre le prince du Pays de Galles et le fils du président américain, seules 15 000 copies avaient été vendues en 2019. Aujourd’hui ? 1,3 million d’exemplaires ont été vendus. Il semblerait d’ailleurs que ce type de romans n’attire pas que les lecteurs issus de la communauté LGBTQ. Et certains ouvrages rangés dans les étagères les moins visibles des rayons il y a quelques années ont désormais leur publicité dans le métro. Ainsi, en combinant l’ouverture des maisons d’édition aux effets de bouche-à-oreille des réseaux sociaux et des blogs de fanfiction, le genre littéraire LGBTQ pourrait bien se forger une place forte auprès des lecteurs.

Une Amérique frileuse face aux questions d'identités et de genres

Bien entendu, le chemin reste long et périlleux pour faire avancer la cause LGBTQ d’un État à l’autre. Récemment, la Floride faisait les gros titres pour la loi « Don’t Say Gay » (nommée ainsi par ses détracteurs), qui interdirait « la discussion en classe sur l'orientation sexuelle ou l'identité de genre » dans les écoles primaires de l’État. Rapidement, la décision a attiré son lot de critiques de la part d’une communauté offensée par la marginalisation de leurs questionnements dès le plus jeune âge. Mais si l’on en croit la montée en force du genre littéraire LGBTQ, il faudra bientôt plus d’une loi pour interdire un jeune américain de se renseigner.

Source : New York Times

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