2 hommes couvert de liquide visqueux et une femme

C’est quoi le « sploshing » , ce fétichisme sucré et bizarre qui secoue TikTok ?

Se faire écraser une tarte sur le visage, manger de la crème fouettée à même la cuvette des toilettes, se vautrer fesses nues sur un gâteau moelleux… Bienvenue dans le monde sale et mouillé du sploshing.

C’est la phobie des maniaques et des germaphobes, un sujet d’étonnement pour les uns, et un moyen d’atteindre l’orgasme pour les autres. Maintenant, on se ne contente plus d'avaler des quantités de nourriture pantagrueliques en se filmant (mukbang), on s'en badigeonne carrément. Et copieusement. Si la pratique ne date pas d’hier, elle débarque aujourd’hui tambours battants sur TikTok, où elle affole des internautes mi-hilares, mi-fascinés.

Une brève histoire du sploshing

Mais en fait c’est quoi cette pratique chelou ? Le sploshing n’est pas né sur TikTok, et l'étonnant fétiche est bien connu des professionnels de la santé mentale et du bien-être. Lana Holmes, psychologue à Atlanta aux États-Unis a apporté son éclairage au média Mic : « C’est un fétiche qui procure du plaisir sexuel en s'enduisant de nourriture ou de boissons. »

Il s’apparente donc à la catégorie des fétichismes WAM (pour « wet and messy », mouillé et sale) qui incorporent aux relations sexuelles des éléments liquides et visqueux, comme la boue ou la vase. Avec le sploshing, il n’y a pas de règles, (chacun sa texture, son goût, ou son odeur favorite) et la chose se pratique de diverses manières : en solo ou à plusieurs, nu ou habillé, complètement imbibé ou simplement éclaboussé.

Sploshing, l’expression proviendrait du magazine Splosh! fondé en 1989 par Clive Harris et sa partenaire, et dédié aux fétichismes WAM.

Ce n’était qu’une question de temps avant que le sploshing ne débarque sur TikTok

Une trentaine d'années plus tard, la pratique a investi TikTok... Dans sa version édulcorée bien sûr. Ici, pas de cuir et de donjons comme dans ce reportage de Vice, mais beaucoup de tartes à la crème saupoudrées de vermicelles de sucre, de pâtes à gâteau pastel et de textures onctueuses étalées à la truelle. Un peu comme si Willy Wonka avait prêté son usine à une équipe de porno soft, très soft, et qu'en parallèle une bande d'ado s'essayait à des gags et farces potaches, s'apparentant parfois à une sorte de happening décalé...

La tendance fait néanmoins des émules, avec plus d'1,6 millions de vues associées au #sploshing.

Pourquoi tant de succès ? Peut-être qu'après des mois de confinement, de panique sanitaire et d'émulsion au gel hydroalcoolique, se vautrer dans du mou et du mouillé s'apparente à une sorte de libération. (Un peu comme lorsqu'Asif Khan fait voler en éclats le cadre stricte des entretiens d'embauche en ligne alors que tous les télétravailleurs sont en Zoom Fatigue...)

En effet, selon la psychologue Lana Holmes, le sploshing fait des adeptes car il permettrait de défier les normes de propreté et de bienséance, particulièrement exacerbées au sein de certaines familles ou communautés. Et dorénavant partout dans la société...

premium2
commentaires

Participer à la conversation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.