L'Unicef fait entendre les cris des enfants confinés victimes de violences

Unicef France et le collectif NousToutes lancent une campagne de sensibilisation pour faire entendre les cris des enfants et adolescents victimes de violences pendant le confinement.

Un dispositif pensé pour les enfants

Chaque jour en France, plus de 50 000 enfants et adolescents sont victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques. Et l’intensification des mesures de confinement, ces dernières semaines, expose les enfants à un risque accru de violence, de négligence et d’exploitation.

Depuis le 8 avril, Unicef France s’est associé au collectif féministe NousToutes pour lancer la campagne digitale d'information et de sensibilisation #EntendonsLeursCris qui s'adresse directement aux principaux concernés : les enfants et adolescents victimes de violences ou de maltraitances. La campagne leur rappelle leurs droits et les encourage à se signaler auprès du 119 et/ou auprès de toute autre personne qui pourra les aider.

Des facteurs inquiétants susceptibles de rendre certains parents violents

« La charge éducative qui pèse sur les parents, la présence permanente des enfants, les peurs liées au chômage, la consommation d’alcool pour tromper l’ennui ou l’angoisse, sont autant de facteurs susceptibles de rendre violents les plus fragiles et de rendre le nombre d’enfants en danger toujours plus critique », explique Lyes Louffok, membre du Conseil National de la Protection de l'Enfance.

« Les violences conjugales et familiales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris pendant la première semaine de quarantaine, expliquait Christophe Castaner sur franceinfo, le lundi 6 avril. Et c’est une tendance qui se confirme ».

Mobiliser témoins et confidents face à la difficulté des victimes d'appeler à l'aide

Pourtant, face à l’urgence de la situation, « les appels au 119 n’évoluent pas », déplore Leïla Grison, consultante en communication à l’initiative de la campagne de sensibilisation. « Ce n’est pas une surprise : les enfants ont encore plus de difficulté à appeler à l’aide quand ils sont enfermés avec leurs bourreaux. Aussi, nous allons tout faire pour leur parler directement et tenter de leur donner les moyens de se signaler malgré tout », poursuit-elle.

Les associations dédiées à la protection de l'enfance affirment également que cette campagne de sensibilisation destinée aux enfants peut permettre, après la période de confinement, que ces mêmes enfants soient mieux informés de leurs droits et des manières de lancer l'alerte s'ils sont victimes ou témoins de violences - notamment en appelant le 119.

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