parodie de Blanche Neige

Quand la pop culture s’amuse à martyriser nos idéaux Disney

Le 5 mars 2018

Ils sont de plus en plus nombreux à être malmenés, déconstruits, sacrifiés sur l’autel de la pop culture : ces jolis mythes édulcorés qui ont bercé notre enfance. Aujourd’hui et sous l’impulsion d’une poignée d’artistes, cynisme et réalité brute s’invitent au bal des princesses.

Derrière Mickey Mouse, une souris. Derrière Titi, un poussin. Et derrière Blanche Neige, on vous le donne en mille, une femme, une vraie. Sous les sculptures et les peintures de l’artiste Super A, une réalité ordinaire et décevante se dessine et nous ramène à l’essence même des choses. Et comme il estime que nous nous berçons encore trop de doux idéaux, l’artiste dévoile « Trapped », une série de personnages de cartoons pelés comme des pommes, jusqu’au trognon !
Adressant notre perception biaisée de la réalité, les compositions de Super A font la guerre aux symboliques subjectives que nous prêtons au monde. « Aujourd’hui, les mythes les plus dominants que nous considérons comme étant des vérités rassurantes sont la liberté, la propriété et l'individualisme. », critiquait implicitement l’artiste lors d’une interview donnée au magazine Colossal. « Mais ne sommes-nous pas simplement pris au piège dans une réalité confortable ? Et puisque cette réalité est si confortable ... devrions-nous même songer à nous en libérer ? », questionnait-il.

Alt Disney 12/12 #AltDisney

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Une problématique traitée par de plus en plus de graphistes et d'illustrateurs contemporains dont les créations, souvent anachroniques, s’amusent à détourner la vie de personnages de dessins-animés. À tel point que certains se demandent à quoi ressemblerait leur vie au XXIème siècle. Chez Tom Ward par exemple, le nez de Pinocchio fait office de perche à selfie tandis que le Roi Arthur préfère scroller sur son téléphone au lieu de déloger Excalibur de son rocher. Chez José Rodolfo Loaiza Ontiveros, la fée Clochette, fidèle amie de Peter Pan, est tatouée et bien en chair. Le prince charmant de Cendrillon, quant à lui, préfère porter ses pantoufles de verre plutôt que de lui faire la cour. Sur le compte Instagram de l’illustratrice Amanda Allen Niday, les princesses Disney fomentent une révolution le jour de la Marche des femmes aux États-Unis.
Nouveaux médiums critiques, ces illustrations sont un plaidoyer pour plus de réalisme et d’altérité. À l’image même de notre société !
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