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Tendance : pour les « V-tubeuses », l'année 2020 aura été bonne
© Calliope Mori

« V-tubeuses » : l'année 2020 aura été bonne pour les streameuses virtuelles

Le 16 déc. 2020

Dans la famille des influenceurs virtuels, il faut désormais miser gros sur les « V-tubeuses ». Originaires du Japon et gagnant en popularité aux États-Unis, ces streameuses virtuelles tout droit sorties d’un manga font littéralement fortune sur Twitch et YouTube.

Habituellement, c’est en chair et en os que la streameuse Pokimane, véritable célébrité sur Twitch, apparaît face à ses quelques 6,7 millions d’abonnés. Mais en septembre dernier, ce sont sous les traits d’un avatar 3D que la jeune femme a initié l’un de ses lives. Pour elle, c’est un premier pas dans le monde du « V-tubing », cette tendance de plus en plus populaire qui consiste à diffuser des livestreams ou des vidéos YouTube à travers les traits d’un avatar animé. 

« Je me sens plus à l’aise durant les streams sans caméra », raconte Pokimane à sa communauté tandis que son avatar imite ses mouvements avec précision, « en particulier parce que, parfois, c’est fatigant de recevoir des commentaires sur soi. Je préférerais que les gens commentent ce joli petit dessin animé ! »

De nouvelles idoles virtuelles

Et son vœu pourrait bien être exaucé. Ces dernières années et dans le sillage des influenceuses et autres chanteuses virtuelles, le phénomène a considérablement gagné en visibilité. « Pour certains, c’est amusant de devenir un personnage de manga ; pour d’autres, c’est une façon d’explorer leur identité, raconte la V-tubeuse Liudmila Bredikhina au Monde, elle-même chercheuse sur le sujet. Il y a ceux qui veulent jouer au “roleplay” et il y a ceux qui le font pour devenir populaires. Il y a autant de raisons que de V-tubeurs. En plus, l’identité réelle est protégée, ce qui permet de garder une vie privée. »

Sur YouTube, les contenus animés par des streameuses virtuelles peuvent obtenir des centaines de milliers de vues. En témoigne le récent exploit de l’avatar aux cheveux roses pastel Calliope Mori, encore tout jeune sur la plateforme. Le 18 septembre, alors qu’elle transmet en direct une partie du jeu de survie Mad Father, son fil de discussion s’emballe et indique que certains internautes lui laissent des pourboires allant jusqu’à 100$. 

« En l’espace d’une demi-heure, au moins 10 000$ ont afflué, le rythme ne faisant qu'augmenter alors que les téléspectateurs se battaient pour faire un don, commente le média Polygon. Plus Mori protestait, plus il y en avait. »

Si Calliope n’est pas réelle, son audience l’est bel et bien, tout comme l’envie de mettre la main à la poche pour récompenser ses contenus. 

Un vrai business

Selon le média spécialiste de l'univers du gaming, l’utilisation de ces avatars virtuels remonte au début des années 2010, le premier exemple connu étant généralement attribué à la vloggeuse britannique Ami Yamato, qui a lancé sa chaîne YouTube en 2011. Au Japon, c’est plutôt l’esthétique manga qui prime avec l’exemple de la très populaire Kizuna AI et ses 3 millions d’abonnés. 

Depuis sa création en 2016, plusieurs sociétés japonaises comme Hololive et Nijisanji se sont lancées dans la production d’idoles virtuelles. Face à une demande croissante et plus internationale, le studio Hololive a même annoncé le lancement de sa première équipe de streameuses en langue anglaise parmi lesquelles une détective blonde capable de voyager dans le temps et une mystérieuse femme pieuvre...

Aux États-Unis, la tendance prend de l’ampleur, à tel point qu’elle pose déjà des questions relatives à la propriété intellectuelle. Pourtant actif sur Twitch depuis 2019, l’avatar 3D Melody, aka Projekt Melody, recevait le mois dernier une plainte pour atteinte aux droits d’auteur. Le motif ? L’artiste qui a conçu son corps estime que ce dernier lui appartient. De quoi complexifier un peu plus les options de monétisation des streameurs, « réels » ou « virtuels », et de leurs ayant-droits. 

Margaux Dussert - Le 16 déc. 2020
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