Un portrait de Macron avec des fruits

Comment Stable Diffusion dévoile la carte de notre imaginaire collectif

© Atlas

L’entreprise Nomic.ai analyse le contenu de 6,4 millions d’images générées par intelligence artificielle pour en tirer un étonnant atlas de nos imaginaires.

Comme beaucoup d'internautes, vous avez peut-être testé les intelligences artificielles génératrices d’images. Vous pensez que vos petits chefs-d’œuvre numériques sont originaux ? Erreur. Avec le projet Atlas, Nomic.ai et le moteur de recherche IA krea.ai ont répertorié et classé plus de 6,4 millions d’images générées par IA grâce à Stable Diffusion. Surprise : beaucoup d'images se ressemblent et surfent sur le même imaginaire.

Une exploration vertigineuse

Concrètement, Atlas se présente comme une sorte de nuage de points coloré. En passant la souris au hasard sur ces points, une fenêtre s’ouvre et montre une image avec son prompt, mais aussi la thématique générale à laquelle elle appartient. Ce sont ces catégories qui permettent de circonscrire avec plus de précision les contours de notre imaginaire. On y trouve les images inspirées par l’esthétique japonaise ou égyptienne, des milliers de portraits d’acteurs connus grimés en personnage du Joker, la galaxie des chimpanzés, le nuage Donald Trump ou bien la vague des Mona Lisa remixées à la sauce pop. Chaque cluster est proche d’un autre grâce aux points communs qu’il possède dans leurs prompts, ce qui permet de voir quels sont les types de visuels ou d’images qui sont thématiquement proches.

Notre imagination est-elle limitée ?

Ce que semble montrer cet outil ainsi que la plupart des moteurs de recherche basés sur les générateurs d’images, c’est à quel point nous partageons le même univers visuel. On y trouve un peu d’ancien, un peu de pop, beaucoup de références relativement récentes, mais rien de bien novateur, même si les portraits d’Emanuel Macron en personnage d’American Psycho ont de quoi arracher un petit sourire. On avait déjà ressenti cette petite lassitude. Quand on scrolle les images générées par IA sur des réseaux comme Discord ou Twitter on ne peut que constater que 80 % des visuels produits forment une sorte de soupe uniforme. Seuls les changements de version des différents modèles, comme l’arrivée d’un mode cinématographique dans Midjourney4 par exemple, proposent quelques effets de surprise. Avec Atlas, on comprend que nos imaginaires restent encore très uniformes.

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