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Climat : cette ONG transforme les sons de la planète en musique pour soutenir la recherche
© Andrea Lamount, fondatrice de l'ONG Sound Earth Legacy

Climat : cette ONG transforme les sons de la planète en musique pour soutenir la recherche

Le 1 juill. 2021

Entre projet artistique et soutien à la recherche pour le climat et la biodiversité, l’ONG Sound Earth Legacy s’est donné pour mission de préserver « l'héritage acoustique de la Terre ». Son premier projet, Planetary Music, propose des morceaux d’artistes créés à l’aide de sons des océans. 

Le bruit de glaciers qui craquent, le chant des oiseaux ou des baleines, le bourdonnement des abeilles… Comment préserver les sons de la nature qui pourraient un jour disparaître ? Et comment s’en servir pour sensibiliser à la biodiversité et au climat ? En lançant son ONG Sound Earth Legacy en 2020, la photojournaliste et réalisatrice espagnole Andrea Lamount avait une idée en tête : créer des ponts entre musiciens et scientifiques et « trouver des solutions pragmatiques et tangibles à l’urgence climatique à travers la création sonore ».

Préserver l'héritage acoustique de la Terre

Celle qui a longtemps travaillé au contact du monde humanitaire vient de lancer Planetary Music, un premier projet qui devrait plaire aux fans d’expérimentations sonores. À mi-chemin entre plateforme de streaming, financement participatif et action artistique, l’initiative a missionné des artistes internationaux pour transformer des sons de la nature en musique. L’objectif ? Lever des fonds pour soutenir la recherche scientifique. 

« En mobilisant les sciences, la musique et la culture, l’idée est de créer des alliances corporatives qui puissent restaurer la santé de notre planète, explique l’activiste depuis Barcelone. Ultimement, on cherche aussi à préserver l’héritage acoustique de la Terre, à conserver les sons de la nature qui pourraient un jour disparaître. »

La plateforme, qui inclut des artistes comme le DJ catalan John Talabot ou l'ingénieur du son français Nicolas Becker, récemment oscarisé pour le film The Sound of Metal (2019), propose une première série de compositions inédites générées à partir de sons des océans. Le téléchargement de chaque piste (8 euros le morceau), permettra dans un premier temps de financer le projet Black Coral Symphony, une initiative franco-espagnole chargée d’évaluer l’état de santé des forêts de corail noir de l’île de Lanzarote et d’en cartographier le paysage sonore. 

« De nouveaux morceaux de musique seront publiés chaque mois », note Andrea Lamount, mais il est également possible de soutenir l’ONG via des dons ponctuels. 

Le son, ultime médium pour sensibiliser au climat ? 

Quand on lui demande pourquoi elle a choisi le médium sonore pour sensibiliser à la préservation de l’environnement, Andrea Lamount n’hésite pas un seul instant, faisant autant appel à sa fibre artistique qu’à la science. « L'ouïe est le premier langage des mammifères et des humains. Avant de parler une langue, on utilise le son : pour transmettre des émotions, communiquer empathiquement, survivre... C’est ce qui nous permet de nous connecter à la nature dans ce qu’elle a de plus pur. »

Son ONG a cela d’unique qu’elle est aussi très personnelle. « Les textures, les artistes sonores comme David Lynch ou Angelo Badalamenti (compositeur fétiche du réalisateur, ndlr) m’ont toujours fascinée. Mon dernier film Brain Beats pour ARTE parle du lien entre la musique et les neurosciences… Le son et la recherche scientifique sont toujours au cœur de ce que je fais et cela m’inspire aujourd'hui à trouver des solutions au changement climatique : pas seulement comme un projet edutainment mais comme une force qui peut aider à changer la situation fragile dans laquelle on se trouve. »

Les prochains projets scientifiques soutenus par l’ONG n’ont pas encore été dévoilés. Après les coraux et les océans, l’activiste vient toutefois d’annoncer un nouveau projet dans les forêts tropicales d’Amérique latine. En 2022, ce sont quelques hectares de sonorités sauvages qu’elle nous donnera peut-être à écouter. 

Margaux Dussert - Le 1 juill. 2021
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