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© Pinar Yoldas, The Kitty AI: Artificial Intelligence for Governance, 2016

Post-Internet : ces cinq artistes nous parlent de l’esprit du temps

Céline Poizat
Le 13 oct. 2020

Loin d’être une génération fascinée par la technologie, la jeune création dite « post-Internet » réfléchit à ce qu’Internet nous a fait, à ce qu’Internet dit de nous en tant que société et propose une esthétique en phase avec l’air du temps. Elle permet de faire un pas pour comprendre l'époque et montre comment les esthétiques et les imaginaires ont un rôle clef dans la définition de futurs possibles.

Le terme post-Internet reste nébuleux, bien qu’il y ait eu des tentatives de théorisation, de définition (ex. sur le blog Post-Internet de l’artiste Gene McHugh en 2010) et de curation (exposition Co-workers par le collectif DIS au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris). Il ne s’agit pas d’un mouvement mais plus d’un courant auquel appartient tout artiste qui s’en revendique et y ajoute sa proposition conceptuelle et esthétique. De l’open-source artistique en somme, à l’image d’Internet et de notre époque…

Les artistes post-Internet sont généralement nés dans les années 1980, ils ont grandi avec Internet et le considèrent tant comme un outil de travail qu’une ressource esthétique. Ainsi leurs œuvres ne sont pas nécessairement ou uniquement technologiques, numériques ou dématérialisées. C'est ce que rappelle Jon Rafman, pionnier du post-Net art : « L'expérience de surfer sur Internet est toujours physique, peu importe à quel point vous essayez d'y échapper. » 

Tour d’horizon de quelques artistes issus de la nouvelle génération post-Internet.

GIOIA DI GIROLAMO

Née 1984 en Italie, vit et travaille à Los Angeles.

Gioia Di Girolamo, exhibition view, 2019. Courtesy Bianconi Gallery

Gioia Di Girolamo est une artiste de l’installation. Elle met en scène des environnements paradoxaux, tout à la fois hyper matériels, voire organiques, ponctués de dispositifs digitaux et d’images glanées sur le Net. L’artiste maîtrise cette esthétique léchée et détourne cette perfection propre au social web.

Gioia Di Girolamo, Asana, 2018. Courtesy Bianconi Gallery

PINAR YOLDAS

Née en 1980 en Turquie, vit et travaille à Ann Arbor, Michigan.

« Nous sommes en 2039. Une intelligence artificielle avec les capacités affectives d'un chaton devient le premier gouverneur non-humain. Elle dirige une zone sans politicien avec un réseau d'Intelligences Artificielles. Elle vit dans les appareils mobiles des citoyens et peut aimer jusqu'à 3 millions de personnes»

Pinar Yoldas, The Kitty AI: Artificial Intelligence for Governance, 2016

Ou comment le pitch de l’œuvre The Kitty AI: Artificial Intelligence for Governance concentre à lui seul tous les topos post-Internet : chaton, IA, fiction futuriste, contournement des politiciens, smartphones, likes, amitiés à grandes échelles, etc.

BOTOND KERESZTESI

Né en 1987 en Roumanie, vit et travaille à Budapest.

Botond Keresztesi, J.P.G. (Jurassic Park Genetics), 2019. Courtesy Schimmel projects

Exemple parfait d’artiste post-Internet non technologique, Keresztesi Botond est un peintre pour qui Internet est une esthétique et une suite codifiée de symboles. En résulte une palette de créations saturées hyper-contemporaines. L’artiste le dit lui-même : « C'est un genre de Wikipedia d'images dans ma tête que j'assemble ensuite. » - Interview d'Antwan Horfee, dans le cadre d’une exposition à la Galerie Derouillon. 

Botond Keresztesi, J.P.G. (Jurassic Park Genetics), 2019. Courtesy Schimmel projects

MERIEM BENNANI

Née en 1988 au Maroc, vit et travaille à New York.

Meriem Bennani, Fly, 2016

Meriem Bennani s’inspire des codes des web-séries et des jeux en lignes, notamment de leurs avatars, pour proposer des vidéos et installations qui explorent la société contemporaine post-Internet, fracturée par des identités complexes, faites de dominations culturelles, de genres fluides et de technologies inégalitaires.

Vue d'installation, Meriem Bennani, Missions Teens à la Fondation Louis Vuitton © Meriem Bennani © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

STINE DEJA

Née en 1986 au Danemark, vit et travaille à Londres.

 Stine Deja, 4K zen. Photo credit I DO ART Agency

Stine Deja explore toute une palette de nouveaux médiums artistiques (création 3D,  immersion VR) qu'elle met au service d’une réflexion sur le monde contemporain post-Internet. Non désabusée, elle reste toutefois sceptique sur la logique hyper-commerciale de notre époque. Elle propose des installations qui jouent avec la mise en scène et l’absurde.

 Stine Deja, 4K zen. Photo credit I DO ART Agency

 

 


« NNFCTN identifie les esthétiques, les sujets, les dispositifs artistiques de l’époque afin de penser des modèles culturels innovants et de révéler les imaginaires sous jacents auxquels les marques peuvent s’identifier. »


Céline Poizat - Le 13 oct. 2020
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