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photos aléatoires de Google Images
© Dina Kelberman

Cette artiste exprime notre facilité à nous perdre sur le Web

Le 25 janv. 2019

Quel est le rapport entre un toboggan à eau, une tente de camping et une table de ping-pong ? Avec son projet « I’m Google », sorte de téléphone arabe visuel réalisé avec Google Images depuis 2011, l’artiste Dina Kelberman révèle les liens cachés, les incongruités et l’étrange beauté du Web.

Lorsque l’on tombe sur le Tumblr « I’m Google », on ne comprend pas tout de suite le principe. La page possède tous les attributs d’une galerie photos lambda, à peu de choses près que son feed semble infini. Et ça tombe bien, le scroll, ça vous connaît. Vous faites donc défiler les images. Il y a d’abord des cintres pliés de différentes façons, des spatules pour décoller du papier-peint, des pans de mur délabrés, fissurés ou moisis. Ensuite, il y a carrément des charpentes en ruine et des trous. Des petits trous, des grands trous. Jusqu’au moment où ces trous se transforment en grottes, en bouches de toboggans à eau, en tentes de camping et en fines pellicules de plastique à décoller.

photos de films plastique décollés

« I’m Google » - Dina Kelberman

Esthétique hypertexte

Bref, un fouillis visuel aussi insondable que les profondeurs du net que l’artiste américaine Dina Kelberman reproduit depuis 2011, au fil de ses pérégrinations en ligne. « Le blog est né de mon obsession et de ma tendance naturelle à passer de longues heures sur Google Images, à rassembler des photos que je trouve belles et à les stocker par thèmes », explique l’artiste sur son site. Chaque groupe d’images passe, de façon totalement aléatoire, d’un sujet à un autre en fonction de ses similitudes de forme, de composition, de couleur ou de thème.

photos de pâte à modeler

« I’m Google » - Dina Kelberman

À mesure que l’on scrolle vers le bas, la logique « hypertexte » d’Internet se dessine sous nos yeux, celle qui régit la plupart de nos agissements en ligne et nous fait passer d’une page à une autre sans que les deux aient nécessairement de rapport. C’est en général comme ça que l’on finit sur la page Wikipédia du mot « cucurbitacée », alors que l'on consultait à l'origine celle de la capitale de l'Inde. Absurde, mais vrai. Et c’est justement cela que Dina Kelberman veut mettre en valeur : « mon blog est une représentation visuelle de ce phénomène. Cette capacité à basculer sans cesse d'un sujet à l'autre est une qualité intrinsèquement fascinante, celle qui rend Internet si incroyable ».

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