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une file de gens allant voter
© Stevecoleimages via Getty

En 2019, glissez-vous dans les pompes d'un député !

Le 20 déc. 2018

Français, Françaises, députés en herbe, vous êtes cordialement invités au Grand Barouf Numérique, une assemblée parlementaire fictive vous proposant de voter une proposition de loi numérique d’anticipation. À vos cartes d’électeur !

Le numérique, on en parle, tout le monde est concerné, mais personne ne se rencontre jamais pour questionner ses biais et ses opportunités. C’est là l’enjeu qu’entend pallier Le Grand Barouf Numérique, un événement gratuit, prospectif et participatif aux antipodes des grandes messes tech à la sauce CES ou VivaTech.

« Élus, entreprises, citoyens, start-up, philosophes… Le numérique nous concerne tous mais n’est que très rarement questionné puisque personne ne se rencontre dans ce but, du moins en France, explique Jennifer Leblond, coordinatrice de l’événement. Certes il existe des foires tech et des événements qui font la démonstration de la puissance des start-up françaises, mais peu laissent de la place au débat, à des questions de fond, à la réflexion. En fait, peu abordent le vrai sujet, celui de l’impact du numérique sur la société ».

©Alexandre Traisnel, Métropole Européenne de Lille (2018)

Présenté par la Métropole Européenne de Lille (MEL) et coordonné par Ouishare depuis 2016, l’événement revient à Lille les 20 et 21 mars 2019 pour une 3ème édition.

Un jeu de rôle pour toute la « cité »

Construit sous la forme d’une assemblée parlementaire, le format de l’événement propose à des « participants-députés » munis de leur carte d’électeur de se réunir, d’imaginer et de voter une proposition de loi numérique d’anticipation. Ici, nul besoin de savoir ce qu’est un algorithme pour avoir son mot à dire. Grand public, artistes, scientifiques, chercheurs, entreprises, designers, activistes, politiques… La « cité » dans toute sa pluralité est invitée à y participer.

©Alexandre Traisnel, Métropole Européenne de Lille (2018)

« L’événement se déroule en semaine et est ouvert au grand public, aux entreprises et aux collectivités. Certains prennent sur leur temps de travail pour s’y rendre. On y trouve des ateliers, des conférences et un parcours d’exposition, explique Jennifer Leblond. La manière dont nous abordons les sujets est assez pédagogue, pas du tout orientée tech. Speaker ou non, tout le monde peut y exprimer son opinion. Nous partons du principe que nous sommes tous citoyens, et donc tous "sachants". Il n’y a pas de badge de couleur selon le statut, nous nous retrouvons tous autour de la même table pour discuter ou déjeuner ». Bref, une micro démocratie participative qui met tout le monde dans le même panier. 

L’année dernière, l’événement avait accueilli près de 2 500 personnes et dédiait sa programmation au thème de l’éducation et des « savoirs numériques ». Pendant deux jours, parlementaires, témoins et même lobbyistes fictifs – censés influencer et faire basculer les votes - ont endossé leur rôle et participé à la construction des lois.

Quatre mesures ont été soumises au vote : « une intelligence artificielle pour prédire la formation et l’emploi », « des brouilleurs d’ondes pour canaliser l’attention et l’information », « un crédit citoyen numérique pour évaluer les aptitudes sociales » et « des robots sociaux pour automatiser l’apprentissage ».

« Les lois soumises au vote sont aussi volontairement dystopiques pour pousser les participants dans leurs retranchements. C’est très immersif ! », ajoute la coordinatrice.

 « Qui gouverne le monde ? », le thème de 2019

Que se passerait-il si nous luttions contre les quelques acteurs, géants de la tech comme élus, qui accumulent nos données pour mieux nous influencer ? Que se passerait-il si nous gouvernions réellement le monde ? Pour sa 3ème édition, le festival s’attaque au thème de la data. On y explorera, entre autres, les questions de l’empreinte numérique et de l’utilisation de nos données – comprendre que le scandale Cambridge Analytica ne représente que la partie émergée de l’iceberg, que nous avons un rôle à jouer sur ce que nous laissons ou non en ligne – la citoyenneté et la démocratie – faire vivre la démocratie en dehors des périodes d’élections et décentraliser le pouvoir grâce au numérique – et l’impact écologique du numérique - comprendre que la pollution passe aussi par nos boîtes mails et que notre empreinte écologique nous suit jusqu’au bureau et même pendant nos soirées Netflix.

©Alexandre Traisnel, Métropole Européenne de Lille (2018)

Après moult ateliers, conférences et débats volontairement controversés, « l’idée est que le travail effectué par les "députés" puisse passer entre les mains de véritables élus locaux, poursuit Jennifer Leblond. Les élections européennes approchent et vont rendre la chose compliquée pour le moment, mais l’idée est vraiment que ces discussions se transforment en engagements concrets ».

©Alexandre Traisnel, Métropole Européenne de Lille (2018)

Les entreprises ont leur carte à jouer

Alors que peu d’entreprises osent prendre la parole dans ce genre de contexte – difficile de s’exprimer en public sans se censurer ou chanter les louanges de son propre fonds de commerce – Jennifer Leblond affirme toutefois que l’apport de témoignages business peut être précieux.

« Par le passé, Sébastien Bazin, PDG d’AccorHotels est par exemple venu s’exprimer sur la difficulté de survivre face à Airbnb. Le président de la MAIF est quant à lui intervenu sur la question du modèle mutualiste à l’heure du numérique, sur ses forces, ses faiblesses, sans pour autant faire sa promo. De bons speakers d’entreprise sont aussi capables de parler de projets plus méta ! », affirme-t-elle. 

Alors si le fait de changer de l’intérieur et d’anticiper l’avenir ne vous fait pas peur, vous êtes probablement taillé pour le job.


Les inscriptions, gratuites, ouvriront le 15 janvier 2019.

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