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Film : et si la dernière prophétie de l’humanité était celle d’une IA ?
© Romain Demongeot

La dernière prophétie : quand des créatifs du monde entier réfléchissent au futur de l'humanité

Le 21 sept. 2020

Avec son court métrage La Dernière Prophétie, le réalisateur Romain Demongeot confronte l’ultime réconciliation des trois religions monothéistes à nos derniers jours sur Terre. Et si l’intelligence artificielle pouvait aider les Hommes à vivre ensemble, mais ailleurs ?

« Je suis né, parce qu’il était trop tard. » Dans un monde en plein crise écologique, sanitaire, politique et identitaire, La Dernière Prophétie, nouveau court-métrage du réalisateur Romain Demongeot, place les clés de notre avenir entre les mains d’une intelligence artificielle. Neutre, sans affect, ni histoire, elle est censée maintenir la paix entre les Hommes par-delà leurs croyances. Bonne ou mauvaise idée ? Là n’est pas la question. Dans un futur (très) lointain, le film aux allures de trailer imagine un monde où les dignitaires religieux acceptent de lui déléguer leurs pouvoirs. Un acte hautement symbolique qui survient alors que femmes, hommes et enfants, survivants d’une Terre dévastée, entament un voyage interplanétaire à la recherche de contrées habitables...

Une réflexion sur l’avenir de l’humanité

« Je trouvais ça intéressant de mêler des recherches technologiques expérimentales à des problèmes humains profondément ancrés », explique l’auteur de ce pitch ambitieux. Publicitaire et directeur de création dans la vie de tous les jours, Romain Demongeot ne rate jamais aucune keynote et observe de très près les évolutions technologiques. Quant à la question de la religion, « c’est très subjectif, c’est mon interprétation », ajoute-t-il. 

Lorsqu’elle découvre que les humains sont capables de vivre ensemble au-delà de leurs dogmes, l’intelligence artificielle décide de remettre en perspective le fondement de chaque culte, puis de se s’auto-détruire. Deux questions subsistent alors : l’humanité est-elle capable de vivre sans icônes et sans dieux ? Surtout, l’intelligence artificielle peut-elle réellement s’affranchir des biais de ses créateurs ? Le film d’un peu plus de trois minutes s’abstient pour le moment d'y répondre.

Quant à savoir si l’IA pourra un jour nous éviter de nous entretuer, les paris restent ouverts. Romain Demongeot, lui, répond avec un certain pragmatisme. « Le but d’une intelligence artificielle, c’est d’être capable de se corriger seule. N’importe quelle IA est vouée à fonctionner sans humain derrière elle, à perpétuer le travail pour lequel elle a été conçue. » Mais quelle lourde tâche que celle de garantir la paix dans le monde...

Une équipe multiculturelle

« L’idée d'un film aussi court, c'est d’attirer des investisseurs pour en faire un long métrage plus tard », poursuit Romain Demongeot. Car le projet et son exigence graphique et stylistique nécessitent beaucoup de fonds. « L'idée a commencé à germer en 2012, mais quand j’ai compris que je n’aurais pas les ressources financières suffisantes, j’ai abandonné. Je l’ai pourtant toujours gardé dans un coin de ma tête, je ne voulais pas lâcher. »

C’est à l’étranger que le créatif trouvera finalement la solution. En fédérant une équipe cosmopolite et internationale autour de son projet, Romain réussit à réduire de moitié ses coûts de production. « Si j’étais passé par des modes de production traditionnels, j’en aurais eu pour 500 000 euros. Je m’en suis sorti pour 40 000 euros », rapporte celui qui a mobilisé des graphistes et des techniciens aux quatre coins du globe, notamment pendant le confinement. Corée, Brésil, Russie, Angleterre, Bulgarie… l’objectif était de réunir des individus de cultures et de confessions différentes autour d’une réflexion commune, tout en s’armant d’expertises multiples.

« Il y a 54 plans dans ce court métrage et sur chacun de ces plans, deux à trois personnes différentes sont intervenues à chaque fois », explique Romain Demongeot. Le plan de la fusée qui décolle a par exemple été réalisé en Corée sur Houdini, un logiciel pointu capable de simuler le poids, la vitesse et la matière d’objets physiques. « C’est un jeune garçon d’une vingtaine d’années qui l’a réalisé. Il venait de sortir d’école et voulait s’essayer à autre chose alors je lui ai proposé de participer. Les experts de ce logiciel sont très rares ! » 

Un travail de coordination que Romain compare à celui d'un chef d'orchestre. « C'était compliqué de gérer les fuseaux horaires de tout le monde, surtout pendant le confinement. C’était aussi un gros challenge de rester raccord visuellement ! Mais la France est un carrefour idéal pour contacter Shanghai et Los Angeles au même moment. J’ai souvent dû demander aux gens de se coucher tard et de se lever tôt ! »

Margaux Dussert - Le 21 sept. 2020
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