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public d'un spectacle avec les yeux fermés
© Goeffrey Secco - Un voyage initiatique

À tester : le concert sous hypnose pour planer et se relaxer

Le 15 mai 2019

Musicien de jazz aux allures de chaman moderne, le saxophoniste Geoffrey Secco se produit en live devant une foule aux yeux fermés. Sa recette ? Un trip initiatique dopé à l’hypnose ericksonienne… On vous raconte.

« Personne ne montera sur scène pour faire la licorne, c’est promis », annonce le musicien sur la scène du FLOW, à Paris, une barque amarrée sous le Pont Alexandre III. Voix caressante, tenue relax, lumière tamisée et quartet de musiciens « à la cool »… Le show commence par une intro peu commune susurrée par son leader saxophoniste, Geoffrey Secco. Nous sommes ici pour goûter à un concert sous hypnose, une expérience hors du commun qui doit : 1. nous aider à nous relaxer et à lâcher prise 2. nous reconnecter à nos « ressources inconscientes » et 3. nous faire « quitter notre corps » sans avoir à bouger d’un cheveu. « Je te le dis toute de suite, je ne suis pas du tout convaincue », annonce ma voisine. Nous voilà toutefois rassurées : nous n’aurons pas à aller amuser la galerie sur scène sous le regard moqueur du public.

Chaman et musicien

Formé au Berklee College of Music et ancien compagnon de tournée de Charles Aznavour et Patricia Kaas, Geoffrey Secco a fait le choix d’expérimenter des horizons musicaux plus spirituels. Sur scène, il livre désormais son expérience de la méditation avec le public et entend partager avec lui ses propres « états de conscience modifiée » à travers la pratique de l’hypnose. « Lors de mes concerts "normaux", j'aimais raconter au public les anecdotes de mon road trip australien, car elles avaient inspiré mes compos, rapporte l’artiste. À la fin, les spectateurs me disaient souvent qu'ils avaient apprécié ces histoires, que mes explications les aidaient à vivre la musique plus intensément. Alors j'ai eu l'idée d'amplifier ce phénomène, en plongeant le public plus profondément dans l'expérience grâce à l'hypnose ». Après une initiation auprès d’un chaman péruvien et une formation en hypnothérapie, l’artiste est fin prêt.

J'ai hâte de voir ce que ça va donner. Ma dernière expérience avec un hypnothérapeute remonte à des années. D’après mes souvenirs, je n’avais pas réussi à me laisser aller... Nous attendons patiemment le début du concert et nous préparons mentalement à ouvrir nos chakras de citadines stressées. Il faut dire que venir jusqu’ici s’est avéré aussi éprouvant qu’une épreuve de Fort Boyard. Après avoir bravé une averse apocalyptique (#drama), commandé un Uber en pleine heure de pointe, conversé avec son chauffeur à demi-fou et emplafonné le scooter d’un livreur Deliveroo (il va bien, merci pour lui), nous voici confortablement installées. On ne l’aura pas volée notre séance d’hypnose jazzy.

Un voyage initiatique sous hypnose

Avant de fermer définitivement nos petits yeux, Geoffrey Secco, saxo au cou, nous enjoint à relâcher nos muscles et à trouver une position confortable. Seule consigne ? Éviter de perturber la bulle du voisin. Logique. Pour profiter pleinement de ce voyage initiatique, le musicien nous invite à partager un secret avec la personne assise à côté de nous, un désir d’amélioration que nous aimerions mettre à profit dans nos vies. Je m’épanche aussitôt, ma voisine aussi. Il ne nous reste plus qu’à nous souhaiter « un bon voyage » de l’autre côté. Silence dans la salle, ou presque. Je me crispe à chaque bruit parasite, soucieuse de ne pas pouvoir totalement lâcher prise. Je réussis à calmer ma respiration, et ferme enfin les yeux. La musique démarre.

Geoffrey Secco joue son dernier album, « Element of Sun », expression épique et onirique de son voyage en Australie. Si vous êtes plus sensible au jazz qu’à la méditation, vous ne regretterez pas d’être venu. Les mélodies sont belles, transportent. Je comprends que la musique est sûrement le vaisseau auquel je dois m’accrocher pour me laisser aller. Ou peut-être devrais-je me fier davantage aux paroles du musicien, celles qui entrecoupent chaque morceau et doivent guider nos pérégrinations mentales. Comme il le dit lui-même, la musique est pensée comme la bande-son d’un film dont chacun peut être le héros. Nous irons un peu partout, et à notre guise. Dans une prairie, une forêt, aux abords d’un point d’eau… Prêt d’un mur, aussi, métaphore d’une barrière mentale difficile à franchir. Il faut s’accrocher, ne pas se laisser distraire par ce qu’il se passe autour ou par d’éventuelles nuisances sonores. Certains y parviendront plus facilement que d’autres, c’est certain. Derrière moi, ça s’agite. Deux nanas questionnent leur présence ici. « T’arrives à t’endormir toi ? », « Non ». « Qui a dit qu’il fallait s’endormir ? », ai-je envie de leur lancer. L’une d’entre elles a en plus la fâcheuse tendance à donner des coups dans mon siège. Pour la tranquillité des voisins, on repassera. Je pousse un soupir exaspéré et tente de reprendre le fil. Dubitative au départ, ma voisine de droite est imperturbable de sérénité. Je souris. On en est où ? Ah oui c’est vrai, je dois maintenant me choisir un animal totem pour guider mes pas. Je pense à un raton laveur. J’aime bien les ratons laveurs. C’est décidé, je le suivrai jusqu’à la fin du concert.

Au bout d’une heure et demie, le spectacle touche à sa fin. Le public, toujours muet, sort de sa transe, baille, s’étire. Les visages ont l’air apaisé, mais tout le monde est encore ailleurs. L’expérience, davantage personnelle que collective, se vit différemment. Certains sortent de là indifférents, d'autres en pleurant. On peut choisir de vivre intensément la musique et se prêter au jeu, pour soi en premier lieu... ou pas. Les plus réfractaires n’en sortiront sûrement pas transformés, mais auront le sentiment d’avoir voyagé. Les plus mélomanes, eux, pourront se targuer d’avoir écouté un excellent concert. Quant à moi, j'ai décidé d'y retourner, avec l'espoir, peut-être, de pousser l'aventure et la découverte de mon inconscient un peu plus loin.

Vous n'êtes pas encore convaincu ? Le témoignage de ma voisine pourrait bien vous faire changer d’avis. « J’ai été portée par la voix et la musique. Elles sont à la fois complémentaires et envoûtantes. J’avais l’impression d’entrer dans une forêt immense et puis de me retrouver au bord d’une falaise devant un paysage magnifique. Tout était beau, je n’étais plus au FLOW, sur les quais de Seine, un vendredi soir pluvieux. Je me suis fait mon cinéma et j’ai adoré ça. J’étais dans un univers propre à moi, dans un autre espace-temps qui m’a permis de me sentir mieux, ici et maintenant. »


Parce que se relaxer est un art qui se travaille, vous pouvez vous préparer au concert de Geoffrey Secco et vous entraîner aux états de conscience modifiée via un fichier audio gratuit de 30 minutes. Des dates seront prochainement annoncées en France, en Belgique et en Suisse.

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