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Musiciens torses nus

Votre équipe est à bout, votre boss déprimé, et vous total stressé(e) ? On a trouvé LE mec qui va vous rebooster !

Le 25 oct. 2018

Activiste en mode entriste, le musicien Jurgis Didžiulis a pris le parti de faire danser les entreprises et les politiques. Son pari ? Nous mener vers des lendemains qui (re)chantent. On l'a rencontré à Kinnernet, la non-conférence dont vous seriez avisé d'être partenaire... Allez, on vous le présente.

Musicien et activiste, hippie aux allures d’hipster, Jurgis Didžiulis infiltre, sans complexe, entreprises et gouvernements pour les décoincer de l’intérieur. Sa technique ? Ni slides, ni concepts. Juste sa guitare et une énergie contagieuse. Il transmet ce dont nous manquons le plus cruellement : du fun, du dialogue et de l’amour. En quantité astronomique.

Déjà vous doutez ? Vous avez raison. Il faut l’avoir croisé pour comprendre. Très loin du musicien qui vous en met plein les oreilles, ou du crooner qui roucoule pour choper, Jurgis Didžiulis est une sorte de Pan 4.0, magnétique et généreux, capable de mettre la foule la plus désabusée en mouvement.

Il accepte un Skype de bon matin, torse nu et café à la main. Volubile déjà. En l’écoutant, on comprend que l’on n’arrivera pas à lui coller une étiquette. Né en Colombie et d’origine lituanienne, il s’est toujours senti apatride. Il passe une grande partie de son temps aux États-Unis, mais reste surtout un incurable nomade.

À la fois saltimbanque et artiste consultant, il est également titulaire d’une maîtrise en sciences politiques et performe aussi bien dans le désert de Burning Man que chez Sanofi ou Nestlé. Au début des années 2000, il fait un passage à l’Eurovision qui lui assure la célébrité en Lituanie, puis un TED, quelques années plus tard, dans lequel il explique comment lui, « modeste musicien », peut faire bouger les lignes. Son credo ? Appliquer sa connaissance des phénomènes sociaux aux arts de la scène pour nous pousser à nous lâcher. « Depuis que je suis enfant, la musique est pour moi un moyen de challenger les statu quo. Le monde a besoin d’aide et chacun peut se placer à son service avec ses propres moyens ! », affirme-t-il.

Éduquer au pouvoir des émotions en entreprise (...)

Il se penche sur les principes de l’innovative thinking pour forger les premiers formats de ses interventions. « Il est encore bizarrement anormal de parler de sentiments au travail, mais pour qu’une entreprise fonctionne, il est essentiel de le faire. » Il propose un spectacle de live music, « From Spectate to Participate », où les morceaux impliquent la participation de l’audience, ou « Values for Value », un atelier musical pour éduquer les organisations corporate au pouvoir des émotions. Il devient pour l’occasion une sorte de fou du roi, bienveillant mais caustique. « C’est un format assez simple censé tourner en dérision la culture corporate qui parle de valeurs, mais que personne ne connaît, et que personne n’applique. Il est intéressant de souligner les ressorts de cette comédie ! »

Jurgis Didžiulis

Avec « Love Warrior », dernier format en date, Jurgis imagine nous transformer en « guerriers de l’amour ». Il s’inspire de l’énergie dégagée par les communautés de Burning Man et des Rainbow Gatherings, qu’il connaît bien. « Lors de ces rassemblements, les gens créent spontanément une société ensemble, sans hiérarchie. Nous vivons dans un monde que nous détestons de plus en plus, et je pense que nous avons besoin de revenir à ça. Nous avons besoin de savoir que s’il s’effondre, nous pourrons le reconstruire, ensemble. Personne ne veut de dystopie, nous voulons tous croire en une utopie ! »

(...) comme en politique

Selon Jurgis, ce qui peut se faire dans les entreprises peut aussi se vivre en politique. Il a déjà réussi à convaincre la présidente lituanienne Dalia Grybauskaitė. « Je lui ai proposé un show dans le cadre d’une rencontre officielle avec le roi et la reine de Norvège. C’était génial, elle a adoré ! Depuis, elle me fait confiance et m’invite de temps en temps, explique-t-il simplement. On ne parle pas d’amour dans ce genre de contexte, mais encore une fois, on devrait. Parce que c’est puissant, surtout entre deux nations. Je l’ai fait pour d’autres chefs d’État depuis. »

Dalia Grybauskaitė et Jurgis Didžiulis

Jurgis Didžiulis et la présidente lituanienne, Dalia Grybauskaitė.

Sur Google, on découvre Jurgis Didžiulis, tout sourires, aux côtés de la présidente lituanienne, et effectivement, elle a l’air ravi. « Nous manquons de connexions émotionnelles avec nos gouvernements. Prenez l’Union européenne : c’est une idée magnifique mais qui ne parle à personne. Elle n’incite personne à rêver, à aspirer ensemble à quelque chose ! OK, c’est un discours de hippie, mais nous avons tendance à oublier qu’avant d’être rationnels, nous sommes des êtres faits d’émotions. Comment est-ce que l’on rend la politique de tous les jours plus humaine ? N’est-ce pas là une question qui mérite d’être posée ? »


Cet article est paru dans la revue 16 de L'ADN consacrée aux nouveaux rituels. Bon... on ne vous fera pas danser comme Jurgis, mais vous devriez apprendre plein de trucs (ce qui est déjà bien !). Votre exemplaire à commander ici.


 

 


À VOIR 

jurgisdid.com

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